Emmanuel Macron et Elisabeth Borne ne sont pas exempts de reproches en la matière. Ce sont eux qui ont confirmé au début du précédent quinquennat le démantèlement de centrales (Blondet Eliot/ABACA)

Ces dernières années, sur le sujet énergétique, nos dirigeants se sont largement trompés. Ils ont la possibilité de rectifier le tir en réactivant un vaste programme d’investissement des industries nucléaires françaises à l’image de ce qu’avait fait un certain Pierre Mesmer dans les années 74.

Le dogmatisme et la politique font décidément un mal fou à notre pays. Rendez-vous compte qu’on parle désormais de rationnement électrique alors que le nucléaire était, il n’y a pas si longtemps, le principal avantage compétitif de nos Industries !

La mise au pas du nucléaire telle qu’entamée par François Hollande et poursuivie allègrement par Emmanuel Macron ensuite, suivant au pas de charge les admonestations d’un certain Nicolas Hulot, aujourd’hui retraité sur la côte d’Émeraude en Bretagne, reste un cas d’école.

Celui d’un véritable contresens économique, politique et médiatique de ce qu’il ne faut pas faire et de ce qu’il ne faut plus faire. Ne nous y trompons, nos grands médias, (L’Obs, Le Monde, Liberation…) dont certains poussent aujourd’hui des cris d’orfraies face à la déroute du plus grand avantage industriel énergétique laissé de l’ère de Gaulle Pompidou, ne sont pas les mieux placés pour le faire. Ils portent aussi une large responsabilité en la matière (à ce sujet me revient l’échange que j’avais eu début 2000 avec l’ancienne ministre de l’écologie, Corine Lepage.  L’ayant mis en garde à deux fois avant de vouloir mettre à bas le nucléaire, secteur où nous étions leader mondial. Inflexible, l’avocate du renouvelable n’avait pas l’intention de se dédire…).

Comme aveuglés par le dogme écologique des énergies nouvelles, bien peu s’étaient alarmés d’une telle dérive face à une opinion publique déjà mal informée. Au magazine Entreprendre, à notre niveau, nous n’avons cessé de fournir une tribune à l’excellent Loïk Le Floch- Prigent, notre ami, l’ancien patron d’Elf et de Gaz de France, qui depuis des années alerte et met le doigt où cela fait mal en dénonçant la dérive du tout éolien face à l’impératif nucléaire.

Rappelons comme le fait à juste titre l’Ifrap et Agnès Verdier-Molinié, que l’éolien n’est pas une solution. Il faudrait 6 à 7 ans aux champs d’éoliennes pour sortir de terre alors que 3 ans suffiraient pour rouvrir Fessenheim. Et que pour produire l’équivalent de la centrale alsacienne (15000 MWh) ; il faudrait édifier 5600 éoliennes de plus, à rajouter aux 8000 terrestres que nous comptons aujourd’hui.

On le sait. Emmanuel Macron et Elisabeth Borne ne sont pas exempts de reproches en la matière. Ce sont eux qui ont confirmé au début du précédent quinquennat le démantèlement de centrales. Quant à Fessenheim, si c’est bien François Hollande qui a pris la décision de la fermeture, rappelons que c’est en 2020 seulement que le décret de l’arrêt à été signé et acté. On aurait pu et dû y surseoir. D’ailleurs, contrairement à ce qui est dit, la centrale n’aurait pas dû être arrêtée tant que la mise en route de la celle de Flamanville ( Manche ) ne soit effective.

Un manque de vision à long terme qui là aussi semble avoir frappé l’action de certains dirigeants. Hommage au passage à Nicolas Sarkozy qui, sur le sujet, lors de la campagne présidentielle face à François Hollande, est resté intraitable sur un tel enjeu. Au moins ne s’est-il pas trompé ! Avoir la bonne vision d’ensemble, n’est-ce pas d’abord ce que nous attendons de nos gouvernants. Une vision qui semble faire quelque peu défaut à nos dirigeants « progressistes“ qui multiplient les décisions techniques ou partielles, sans fixer de stratégie d’ensemble à long et moyen terme. La fameuse politique « du chien crevé au fil de l’eau, «sauf que le courant d’eau devient intempestif et agité, en proie aux remugles des sondages, mouvements d’opinion ou réseaux sociaux. Imaginer un dirigeant d’entreprise soumis à de tels débordements permanents ? D’où l’importance d’avoir une vision ; on y revient ! Elle nous a manqué sur le nucléaire.


Alors que faire ? D’abord, cela va sans dire, réinvestir en masse le secteur nucléaire, technologie de pointe qui peut redevenir à terme une industrie majeure pour notre pays, avec de nombreux emplois et contrats à l’international. C’est un signe. de nombreuses jeunes
pousses ( Jimmy Energy, Naarea, Transmutex …) commencent même à entreprendre dans ce secteur. Ensuite, arrêter de ponctionner EDF pour faire les fins de mois des ministères, mais au contraire, donner à cette entreprise une mission d’envergure et de long terme. Ensuite remettre complètement à plat le projet de loi sur l’énergie qui doit être débattu au parlement début octobre.

Un plan idéologique en porte à faux portant uniquement sur les énergies renouvelables en simplifiant les procédures. Il n’est pas trop tard pour changer de cap et mettre le paquet sur le nucléaire. Il ne serait pas acceptable qu’ Emmanuel Macron récidive et opère le même contre-sens que lors de son quinquennat précédent. Nos écologistes dogmatiques et anti capitalistes nous ont déjà mis une fois dans le mur. À cause de leurs impérities, on va devoir rouvrir des centrales à charbon, comme à Saint – Avold. C’est vraiment le monde renversé ! On se doit de rectifier le tir.

Robert Lafont

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