Aux USA, il y a Tesla, Apple et Moderna ; en France, il y aura machina, Thomson et Carmat ! Notre économie ne se redressera pas sans une multitude de grands projets industriels.

Si la France ne se refera pas sans ses entrepreneurs, alors il faut se réjouir de voir que dans notre pays existe aussi nombre de nouveaux créateurs habités par la foi du dépassement et l’ambition mondiale. Voir qu’il n’a pas qu’aux États Unis qu’il y a des Elon Musk ou des Jeff Bezos est assez réconfortant par les temps qui courent.Après tout, le fondateur de la Biotech Moderna, connue pour son vaccin contre la Covid dont tout le monde parle, Stéphane Bancel, n’est-il pas marseillais (il détient 7% des actions de la success story américaine valorisée quelques 60 milliards de dollars avec sa technologie vedette de l’ARN messager).

Après tout, et sur un autre registre, ce que réalise actuellement dans l’hexagone un Stephan Francais, seul constructeur européen de PC et tablettes avec la marque Thomson Computing ( prévoyant des ventes de 110 millions d’euro par an contre 71 un an plus tôt). Ou dans le domaine médical, Carmat, la pépite française du cœur artificiel dirigée par Stéphane Piat qui, bonne nouvelle, vient d’obtenir son marquage CE, avec des premières prothèses bientôt commercialisées en Allemagne.

Nos entrepreneurs sont présents dans beaucoup de domaines. Il est dommage que nos médias ne leur portent pas d’avantage attention à part de notables exceptions comme L’Usine Nouvelle, BFM business, Les Échos, Le Journal des Entreprises, La Tribune ou Entreprendre (pionnier depuis 1984)…mais c’est un autre combat.

Dans l’automobile, le défi que relève Olivier Lombard avec son projet de voiture à hydrogène haut de gamme mérite le respect. Originaire de Poissy (78), cet autodidacte, fondateur de HMC (Hydrogène Moteur Company) en 2019, s’est déjà fait connaître comme plus jeune vainqueur des 24 Heures du Mans, exploit relevé en 2011 à l’âge de 20 ans ! Cela situe le personnage qui a été aussi 5 ans durant un des dirigeants du célèbre cabaret parisien Le Moulin Rouge.

Un éclectisme de bon aloi qui l’a poussé à investir 300 ke personnellement dans sa jeune pousse afin de pouvoir fabriquer en France des 2025 la première berline haut de gamme fonctionnant à l’hydrogène. Baptisée Machina, la Rolls tricolore à hydrogène pourra atteindre les 230 km/heure avec une autonomie de 1000 km, et un temps de recharge d’à peine 3 minutes. S’appuyant sur le plan d’investissement de 7 milliards d’euros du gouvernement tel qu’annoncé par Bruno Le Maire, Hopium a déjà reçu le soutien de Total et de Michelin. Et ce n’est pas tout, au plan financier, Hopium ( HMC, Machina), vient de s’introduire astucieusement sur le compartiment Access (l’ex-marché libre) de la Bourse de Paris (Euronext), première étape pour pouvoir réussir ses nouvelles levées de fonds.

« Il nous en faudra plusieurs centaines de millions d’euros » a déjà prévenu l’audacieux fondateur de la Machina s’appuyant, sans ambages, sur les précédents de Tesla ou plus récemment de la start-up ZeroAvia ( avion californien à hydrogène qui vient de lever 40 millions dans le même domaine).

Si c’est à l’audace qu’on reconnaît les grands entrepreneurs, alors Olivier Lombard ne semble pas en être démuni. En octobre, il avait déjà réussi à attirer, dans son premier tour de table, des entrepreneurs aussi différents que le patron de presse Pascal Chevalier (Reworld Média) ou Benoist Grossmann, l’avisé dirigeant du fonds parisien Idinvest-Eurazeo, pour un premier fonds d’amorçage de 1,8 million d’euros.

Dernier point, ce n’est pas un détail, le fondateur de Machina sait de quoi il en retourne. Il travaille depuis 8 ans avec le groupe helvétique GreenGT pour concevoir un prototype à hydrogène pour courir les 24 Heures du Mans. On ne se refait pas ! Une chose est sûre : c’est avec ce type de projets industriels sans équivalent que notre pays pourra renaître à la prospérité économique de ses pionniers (Latécoere, Louis Renault, André Citroën, Marcel Dassault, Ettore Bugatti, de Dion-Bouton, voire plus récemment Henri Pigozzi – Simca) qu’il n’aurait jamais du quitter : cela s’appelle l’audace d’entreprendre.

Aux dernières nouvelles, plusieurs présidents de régions auraient déjà contacté notre jeune champion de la voiture à hydrogène pour l’inciter à installer sa future usine dans leurs territoires. Les nouvelles vont vite, espérons que les actes suivent sur le même rythme… Time is money.

Robert Lafont

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