Pas fréquent de rencontrer un ancien dirigeant de banque oser franchir le Rubicon pour lancer son propre établissement financier. Nicolas Mérindol, ISG de 60 ans, ancien directeur général de la Caisse d‘Épargne, a fondé le groupe Carmin pour accompagner des patrons de PME dynamiques dans toute leur stratégie financière.

Aujourd‘hui, il ne jure que par la ville de Marseille dont il est tombé amoureux : « Voir la mer en se levant n’a pas de prix », ajoute celui qui passait toutes ses vacances près de Gérone, au nord de Barcelone. « Je n’en ai plus besoin. Cette ville a un potentiel énorme : port, université, centres de recherche, tourisme, universités, PME, jeunes pousses… Au début, les Phocéens m‘ont regardé avec circonspection, moi qui n’ait pas l’accent. Mais les patrons de PME ont un potentiel intact. Ils ne savent pas toujours actionner les bons leviers financiers. Je suis là pour les y aider. Beaucoup peuvent devenir des ETI. »

Un discours ambitieux (voir sur EntreprendreTV) qui ne devrait pas déplaire à Emmanuel Macron qu’il a connu bien avant qu‘il ne devienne président : « Il a une intelligence hors du commun. Son énergie est sans limite, s’il arrive à bien s’entourer, il peut changer la donne. » Des propos sans ambiguïté de la part de quelqu’un dont les bureaux parisiens du boulevard Haussmann abritent aussi, c’est un hasard, la permanence de député européen, un certain Stéphane Séjourné, principal conseiller politique de Macron.

Mérindol continue d’avancer. Passant la moitié de la semaine dans la deuxième ville de France, beaucoup lui demandent déjà de devenir le porte-drapeau local pour pouvoir redonner ses lettres de noblesse à la place financière marseillaise. On peut lui faire confiance, lui qui parle aussi bien à tous les politiques qu’à Rodolphe Saadé, le patron fantastique de CMA CGM, leader du transport et de la logistique, en restant bluffé par ses 1,75 milliards de profits annuels : « Avec toute cette manne, qu’on ne s’étonne pas de sa volonté de se payer le quotidien La Provence, au grand dam de Xavier Niel ! »

Cela ne va pas plaire à votre ami Macron ? Réponse : « Détrompez-vous, le président ne va pas intervenir, il se contentera de compter les points… » On le croit sur parole.

Robert LAFONT

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