Briston, Kelton ou Réservoir, autant d’exemples de belles marques françaises d’horlogerie qui ne fabriquent pas pour l’instant dans l’Hexagone. Jusqu’à quand ?

Briston, la plus british des montres françaises

Brice Jaunet a eu deux vies, mais une seule vocation. Il démarre sa carrière professionnelle en travaillant dans deux grands groupes horlogers, Richemont d’abord, puis LVMH où il évolue rapidement, passant du marketing à l’international avant de diriger la marque Zénith. Après 15 années d’expérience, il souhaite se lancer à son propre compte. Après tout, son grand-père était lui aussi entrepreneur, co-fondateur de la marque textile NewMan. En 2012, sans être parvenu à trouver un dossier de rachat d’entreprise qui lui convienne en France, il décide de se lancer dans l’aventure de la création de sa propre marque grâce à une collaboration avec des designers suisses.

Le fondateur a en effet des idées précises en tête : créer des montres chic et non dépourvues d’un brin d’originalité. Le succès est au rendez-vous avec plus de 200 000 montres vendues en France et à l’étranger, les clients sont séduits par la forme « carrée-cambrée » très reconnaissable du produit. Si la marque et le design sont bien français tout comme son créateur, la fabrication est pour l’instant sous-traitée en Europe.

Kelton renaît de ses cendres

Il était une fois Stéphane Boullier, fabricant de montres à Besançon qui s’allie à Timex pour lancer la marque Kelton en 1955 à des prix extrêmement compétitifs. Les plus anciens se souviennent encore du slogan publicitaire « Vous vous changez, changez de Kelton ! ». Révolution, ce produit qui se veut populaire est vendu dans les bureaux de tabac, les stations services et autres drugstores. Un pari réussi puisque au début des années 70, la marque commercialise plus de 4 millions de montres par an. Là encore, la crise horlogère passe par là et Kelton meurt.

En 2016, la marque est reprise et exploite avec vigueur la carte de la nostalgie et du vintage. La distribution est quant à elle résolument moderne, les ventes se font via internet, ainsi que dans certains concept stores. De plus, en juillet 2019, une licence a été signée pour deux ans avec la Fédération Française de Football donnant lieu à une collection de cinq montres. Les produits sont fabriqués en Asie, car l’équipe française d’AS Conseil qui a repris la marque en 2016 dispose d’un contrat de licence de 5 ans. A suivre…

Réservoir, française mais fabriquée en Suisse

Trois entrepreneurs ont décidé de lancer il y a cinq ans une collection de montres innovantes en hommage à des univers liés à l’automobile, l’aéronautique ou les sous-marins. François Moreau, l’ancien banquier créatif, François Nakkachdji, le pro du commerce et de l’Asie et François-Marie Neycensas, spécialiste du marketing ont un point commun : la passion horlogère. Leur idée première est de pallier un manque : le peu d’innovation sur les entrées de gamme des grandes marques. Ils décident de confier la fabrication à la Suisse, à Chaux-de-Fonds exactement. François Moreau lance des produits « désirables », proches des instruments de mesure traditionnels, venant sur le terrain d’Omega entre autres, sur un palier tarifaire aux alentours des 4000 euros. Une gamme à suivre de près.

Qu’il s’agisse de marques tricolores ou de fabrication française, toutes ces initiatives jouent un rôle primordial dans la renaissance de l’industrie horlogère, avec les moyens et la technologie de demain.

A.F.

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