La montagne va-t-elle accoucher d’une souris ? On est en droit de se poser la question dans ce que la presse nomme aujourd’hui « l’affaire Laporte-Altrad », où les deux noms, celui du président de la FFR et celui du grand chef d’entreprise, sont jetés en pâture à l’opinion pour un soupçon, qui peut se concevoir mais qui ne justifie en aucun cas de jeter l’opprobre sur des responsables qui ont consacré leur vie à l’engagement et au développement !

Y a-t-il un autre pays au monde ou l’on peut jeter le discrédit sur un homme de 72 ans, parti de rien, originaire du désert syrien et qui a réussi à la force du poignet à bâtir de zéro un groupe mondial, leader des services industriels du BTP avec 150 filiales dans le monde et 420 000 collaborateurs ?

Ce climat éprouvant met à rude épreuve nos chefs d’entreprises dont nous avons tant besoin

Mohed Altrad est un formidable battant. Nous avons été les premiers à Entreprendre à le médiatiser dans les années 80. Je peux témoigner, pour être allé lui rendre visite à son premier bureau près de Pezenas, que notre homme vient de loin et n’a pas démérité par son travail, son talent et sa volonté hors pair, Un bilan impressionnant, un parcours emblématique d’une des plus belles réussites à la française et que des procédures judiciaires sans ménagement viennent ternir bêtement, inutilement et méchamment.

Que reproche-t-on au juste au patron du groupe Altrad ? Avoir bénéficié d’une réduction de sanctions de son club de Montpellier, le MHR. Le soupçon est là parce que notre homme est aussi l’un des principaux sponsors des Bleus. Au lieu de s’en féliciter, cet investissement semble semer un doute. Dans quel monde vit-on ? Rajoutons pour une parfaite information que l’entrepreneur Altrad a dépensé depuis une dizaine d’années quelques 100 millions d’euros à titre personnel pour faire de Montpellier une place forte de l’ovalie, ce qu’il est en train de devenir. Est-ce à blâmer ? On pourrait aussi lui en tenir grâce si la gratitude n’était pas la seule maladie du chien non transmissible à l’homme, comme le rappelait souvent, en souriant, le grand financier Antoine Bernheim, après qu’il eut été lâché par un certain Vincent Bolloré.

Voilà pourquoi, la BRDE (Brigade de répression de la délinquance économique), émanation du Parquet National Financier, a jugé utile de mettre en garde à vue ce 22 septembre l’un des plus grands entrepreneurs du pays en compagnie de Serge Simon et Bernard Laporte, et cela à dix jours de l’élection fédérale du patron de la FFR, dont la justice n’a bien évidemment que faire ! Le mépris n’est jamais bonne conseillère !

Les juges aussi doivent être contrôlés

Autre affaire. Je rencontrai récemment Éric Favre, le fondateur des laboratoires 3 Chênes (leader de la nutrition santé et des compliments alimentaires, 170 millions d’euros de chiffre d’affaires, 180 collaborateurs) qui a dû faire face à une véritable tornade judiciaire à son encontre qui aurait pu faire disparaître sa belle PME de la région lyonnaise. Rendez-vous compte : accusé de vendre des produits interdits (anabolisants), cet entrepreneur vaillant et ambitieux a été placé en garde à vue et incarcéré en prison sept mois durant tout en subissant nombre d’interrogatoires sur une enquête d’envergure où le juge plus que zélé pris grand soin de diligenter plus de 70 enquêteurs.

Pourtant, Eric Favre nie totalement les faits et rien ne semble être avéré. L’enquête n’est pas terminée, elle se double maintenant d’un contrôle fiscal. Éric Favre est libre, mais il ne doit la survie de son entreprise qu’au soutien et à la solidarité de ses salariés, fournisseurs et clients. Un véritable cas d’école qui fait froid dans le dos. Écoutez l’interview poignante d’Eric Favre sur la chaîne Youtube EntreprendreTV. Cela donne à réfléchir…

Une chose est sûre. Si la justice reste bien l’idéal pour tous, la manière dont elle est mise en application ne justifie pas tout et pose de nombreux problèmes. Combien de vies brisées pour des enquêtes aléatoires ? La tempérance est une qualité indispensable. Les juges ne peuvent pas tout faire et tout se permettre ! Il serait temps que nos gouvernants s’ingénient à créer un comité des sages apte à juger et à sanctionner les juges qui ne joueraient pas le jeu. Car il y en a, comme dans toute corporation. Sauf que là, ils ont le droit de vie et de mort…

Robert Lafont

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