Un rapport de l’Institut Montaigne préconise la création rapide d‘un livret innovation. Frédérique Vidal, la ministre de l‘Enseignement supérieure serait prête à instaurer, avant les présidentielles, de nouvelles mesures sur l’innovation dans le système universitaire.

« Nous disposons de toutes les compétences, mais elles ne travaillent pas assez ensemble.  » Ce besoin de mailler d’avantage les talents et les filières reste l‘un des thèmes préférés de Michel Saloff-Coste, grand spécialiste de l’innovation dans le monde, et remarquable Directeur de la prospective de l‘Université Catholique de Lille, (qui est aussi au passage la première université privée d‘Europe).

Dans un entretien à EntreprendreTV, cet esprit fin qui a touché à tout (philosophie avec Gilles Deleuze, beaux-arts, innovation, conseils…) pousse à une innovation ouverte et accessible à tous : « Il est fondamental de pouvoir ouvrir davantage les accès des universités au monde économique, à l’esprit d’entreprendre, et d’installer des passerelles permanentes entre étudiants, professeurs, entreprises, chercheurs ou capital-risqueurs. Le digital et la transition écologique nous font basculer dans un autre monde, et la France ne peut s‘en sortir qu’en faisant travailler d’avantage ensemble et se croiser toutes ses compétences qui ne manquent pas. Le succès de la Silicon Valley (qu‘il a longtemps étudié) ne vient pas d’ailleurs ! »

Ces vérités essentielles pour notre compétitivité économique à venir sont étayées au même moment par la publication d’un rapport de l‘Institut Montaigne sur l’écosystème d‘innovation hexagonal. L‘auteur du rapport, Francis Hintermann, actuel Directeur de Recherche chez Accenture, préconise de renforcer les 33 pôles universitaires existants pour l‘innovation, le transfert technologique et l’entrepreneuriat afin d‘en faire un creuset bien plus actif et attractif. L‘Institut Montaigne pousse à la multiplication par six des étudiants- entrepreneurs en quatre ans et propose dd doubler à court terme le nombre de bénéficiaires annuels des French Tech Visa.

Ce n‘est qu‘en accentuant de telles passerelles entre monde de la recherche et monde économique que nous parviendrons comme tentent de le faire actuellement des organismes comme le CNES dans le domaine spatial, l‘INRIA en matière informatique, ou Paris- Saclay voire le CNRS plus globalement. Tout cela va dans la bonne direction sans oublier d’inculquer à nos étudiants un certain esprit de compétition avec par exemple l’instauration d‘un concours de projets entrepreneuriaux universitaires comme cela se pratique outre- Atlantique avec les comités de La Défense Advanced Research Projects Agency.

Dernière proposition et elle est de taille : la création d‘un « Livret innovation“, nouveau compte d’épargne rémunéré et défiscalisé qui permettrait de financer la French Tech à hauteur de 30 milliards d‘euros en 3 ans.
La réussite actuelle d‘un Octave Klaba, fondateur d‘OVH, est un modèle à suivre. Madame Frédérique Vidal, ministre en charge des universités, serait bien inspirée de suivre de telles recommandations. Quand on observe le profil précis de nos fondateurs de jeunes pousses : nos universités restent largement distancées et on y remarque surtout des profils d’ingénieurs, d’écoles de commerce voire d’autodidactes. Place à la conjugaison des talents.

Robert LAFONT

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