Il faut le marteler. On ne réussit pas à tous coups. C’est l’une des raisons justifiant que le risque pris par nos entrepreneurs mérite d’être payé en retour dès lors que cela marche, par rapport à d’autres parcours davantage sécurisés. Marc Simoncini est l’un de nos plus beaux exemples en la matière.

Savoir digérer et repartir après un échec ou un coup d’arrêt doit devenir monnaie courante dans notre culture économique. C’est Bill Gates aux États-Unis qui se vantait, lorsqu’il était patron de Microsoft, de privilégier le recrutement de cadres ayant déjà échoué à plusieurs reprises.

Je ne sais plus quel président de club de foot italien expliquait pour rendre compte de ses succès vouloir privilégier les entraîneurs revanchards ayant connu une déconvenue. Peut-être une bonne nouvelle pour Patrick Vieira ou Christian Gourcuff, respectivement entraîneurs récemment éconduits de l’OGC Nice ou du FC Nantes Atlantique ?

Ce syndrome du parcours sans faute n’existe que dans les films ou les livres pour étudiants en école de commerce. Regardez celui de l’un de nos plus fameux entrepreneurs : Marc Simoncini. Cela a été peu souligné. Mais le fondateur à succès du site Meetic ou des vélos Angell vient d’annoncer discrètement renoncer à poursuivre l’aventure de Sensee.com, son site de vente de lunettes (2,5 millions d’euros de chiffre d’affaires), revendu à Acuitis.

Marc Simoncini ne s’en cache pas

La cession s’est opérée en début d’année au groupe familial de la famille Abittan qui n’a pas tardé pour tout regrouper sur son site Direct Optic. L’ensemble constitué avec le site marchand leader en France de la vente de lentilles de contact, Lentilles-moinscheres.com (28 millions d’euros de chiffre d’affaires), ne perdait pas d’argent. Le prix de la transaction n’a pas été communiquée. Marc Simoncini, habitué à faire les Unes de magazines économiques ne s’en est pas beaucoup vanté. Il ne s’en est pas caché non plus, se bornant à déclarer laconique : « C’est un échec relatif. Nous n’avons pas réussi à imposer des lunettes origine France à prix bas. »

C’est franc, et cela ne l’empêche de remonter à cheval à 63 ans en mettant toute son énergie dans son ambitieux projet de « smart bike », assemblé en France avec le groupe SEB, pour produire le « vélo le plus sûr du monde ». On en redemande. C’est comme cela qu’on reconnaît les vrais entrepreneurs. Ils ne se découragent jamais. C’est même à cela qu’on les reconnaît !

Robert Lafont

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