Macron : le règne du mensonge et de la bouche cousue

photo Guerin Charles/ABACA

Tribune. La France détient, si l’on peut dire, avec ce mélange de parler populaire et de bonne franquette qui était la marque jadis de la liberté d’être, aujourd’hui en voie d’extinction, le « pompon » de la langue de bois.

A titre d’exemple, l’utilisation forcenée et à toutes les sauces du terme « extrême-droite » pour designer la simple droite entachée de droit-de-l’hommisme soixante-huitard. Cette logorrhée diarrhéique n’a d’extrême en fait que son ignorance de l’histoire politique de la France et de l’Europe depuis la fin de l’Ancien-Régime. Ce serait confondre le bel Canto Rossinien avec les poubelles rapistes que poursuivre sans les dénoncer les amalgames approximatifs qui foisonnent en ces périodes électorales, où précisément, l’Italie après la Suède et la Hongrie, va peut être renouer avec une tradition politique pré-américaine, je veux dire hors préchi-prêcha démocrate -chrétien.

S’il est des peurs qui donnent chaud , il en est d’autres qui donnent froid, comme le précisait doctement le narrateur de l’irrésistible Théophraste Longuet, le génial et hilarant Gaston Leroux.

Il n’est que voir l’ineffable accoutrement loustic de qui nous a baskettement représenté aux obsèques de la Reine d’Angleterre, pour comprendre où nous en sommes. Quelle suée ! si l’on ose dire. C’est la bêtise qui fait  peur. Ah l’on peut dauber sur les extrêmes, mais en ce cas n’oublions jamais l’extrême sottise, l’extrême arrogance, et surtout l’extrême vulgarité de tous ces gens qui donnent des leçons à s’en gercer les mandibules !

Qu’aurait-on dit dans le monde si aux obsèques du Général de Gaulle, à la cathédrale Notre-Dame de Paris, le Président des Etats-Unis Richard Nixon était venu rendre hommage au grand Homme affublé de baskets ou de tongs ? Le sens de la dignité et même tout simplement du ridicule semble avoir disparu de l’usage français. Il faut dire qu’en même temps, le même a supprimé le corps diplomatique, gardien des usages et de la tradition ! Ceci explique cela sans doute. On ne peut s’étonner dès lors, que les proclamations les plus stentoresques proférées à la tribune de l’´ONU soient reçues comme « pâture pour le vent », comme le disait si excellemment le sénateur Henri Caillavet, il n’y a pas si longtemps.

J’ai parlé de Gaston Leroux. Il faut lire Les Mohicans de Babel, c’est un livre prémonitoire,  nous y sommes.

Quant au reste, la folie des temps prépare semble-t-il, de quoi éprouver encore davantage un pays que rien n’a préparé à la guerre qui arrive à grands pas. Plus d’énergie nucléaire quand la France de Pompidou et de Giscard avait cinquante ans d’avance, il y a justement près de cinquante ans. A force d’écouter les imbéciles, le pouvoir a accouché d’une société d’imbéciles qui répètent des mots d’ordre idiots. Cela s’appelle le politiquement correct. Pourtant l’Europe semble se réveiller. Carabosse sera-t-elle vaincue ? Aux urnes d’en décider.

Réentendons le renouveau de notre âme aux accents de la romance de Nadir, des Pêcheurs de perles de Georges Bizet et la musique des Indes Galantes de Rameau reviendra-t-elle irriguer un jour ce qui fut la terre des arts des armes et des lois ?

L’histoire recommence peut-être en Italie, comme jadis et même toujours, quand Rome assujettit à la pensée de l’ordre un monde fait jusqu’alors de nuit et de chaos.

Plus prosaïquement , c’est avec les mêmes basquettes (ou baskets) que le gouvernement s’apprête à remettre sur le chantier la réforme des retraites. Ouh! Quel serpent de mer ! Jupiter dementat quos vult perdere dit l’adage romain (Jupiter rend fous ceux qu’il veut perdre). Mêmes motifs, mêmes punitions, à l’échec d’hier répondra l’échec de demain, avec le ridicule en plus.Toujours les basquettes!

Jean-François Marchi

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