Francois-Henri Pinault

Apres l’annonce de la rupture des négociations cet été entre la famille Agnelli et Giorgio Armani, la rumeur d’un rapprochement avec le groupe de Francois-Henri Pinault semble reprendre de plus belle.

Le propriétaire de Gucci et Saint-Laurent cherche depuis longtemps à franchir un nouveau palier dans le gotha des groupes du luxe mondial. Avec ses 14,9 Mds de dollars de chiffre d’affaires, la maison mère de Balenciaga est encore loin des positions du géant mondial LVMH avec ses plus de 50 milliards de dollars de chiffre d‘affaires annuel.

On sait par ailleurs que le patron de la maison Boucheron a longtemps lorgné mais en vain jusque-là sur Richard Mille, le prestigieux créateur horloger parisien de montres de luxe. Après sa prise de participation minoritaire dans Vestiaire Collective, première plateforme mondiale de mode de seconde main, des pourparlers ont été également amorcés, via notamment l‘entremise d‘Alain-Dominique Perrin, l‘ancien bouillant patron de la maison Cartier reconverti dans le vin de Cahors avec son vignoble réputé Lagrézette (500 ans de tradition Malbec, 6 M€ de CA).

Pour l’instant, les négociations n‘ont pas abouti. Les deux groupes sont pourtant idéalement complémentaires tant du point de vue géographique que des marques et de l‘offre. A l’âge de 70 ans, il est temps pour Johan Rupert, (10 % du capital et 51% des droits de vote), patron de Richemont d’assurer la pérennité de son groupe. D‘autant que des fonds activistes comme Third Pont ou Artisan Partners ont commencé d’investir dans le capital de Richemont pour pousser à fond dans ce sens du rapprochement avec Kering. Après le succès de LVMH- Tiffany, la bourse de Paris adorerait un tel mariage ou méga-fusion. Mais la famille Pinault a plus d‘un tour dans son sac.

Et si la péninsule transalpine semble lui réussir parfaitement quand on observe les profits de Gucci (9,6 milliards d‘euros de chiffre d‘affaires) qui assurent 80 % des résultats de la maison mère. En mettant la main sur Armani (1,6 milliard d‘euros de chiffre d’affaires) Kering changerait assurément de dimension.

Mais attention, rien n‘est fait, car avec un trésor de guerre estimé à 9 milliards d‘euros, suite a la vente du réassureur Partner Re à Covea, le holding Exor des Agnelli a largement de quoi surenchérir, avec ses 34 milliards d‘actifs (participations dans Iveco, Ferrari, Stellantis ou CNH – Case, New Holland …-), et cela malgré l’acquisition récente de 24% des actions du chausseur français que tout le monde s’arrache, Christian Louboutin.

Et ce ne sont pas les déboires actuels du président de la Juventus, Andrea Agnelli, mis en examen pour une affaire de transferts douteux, qui peuvent changer la donne. D’ailleurs, John Elkann a d’ailleurs intelligemment pris soin de botter en touche avec des compliments de circonstances sur le couturier transalpin : « Armani n’est pas à vendre. Il est important que ces rumeurs cessent car c‘est un manque de respect envers cette entreprise.“

Malgré ces démentis classiques, le jeu reste plus ouvert et incertain que jamais. D’autant que nous n’avons pas parlé jusque là d‘un certain Bernard Arnault. Le patron de LVMH a en de maintes reprises su prendre son monde par surprise. Pour l’instant, le patron de Dior et Louis Vuitton se contente de remettre à flot l’empire du joailler Tiffany et de peaufiner le lancement de ses nouveaux palaces parisiens,l’Hotel Cheval Blanc face à la Seine à côté du Louvre, et Bulgari Hôtel au 30 avenue Georges V. À chaque jour suffit sa peine ! Les grandes manœuvres dans le monde du luxe sont loin d’être achevées.

Robert Lafont

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