Lorsque le patron de VSD voulait racheter le journal Les Échos…

En affaires, ne partez jamais battu. On peut toujours trouver des solutions en chemin et au fil de l’eau…

Georges Ghosn, le repreneur de VSD, avec qui nous venons de nous associer (Lafont presse détient désormais 49,99% de l’entreprise) semble avoir tout connu, à 68 ans, dans monde de la presse de ces dernières années.

Successivement patron du Nouvel Économiste, de France Soir ou de La Tribune, celui qui a démarré à 25 ans avec une simple lettre confidentielle « Marchés arabes », n‘en n‘est pas à son premier coup d‘essai. Malgré une conjoncture difficile et un coût du papier renchéri (50 % de hausse en 6 mois), VSD, le magazine de l’aventure et de l’actualité, fondé par Maurice Siegel, connaît un regain de ventes assez inespéré dans le panorama de la presse grand public : « Nous vendons en kiosques, seul vrai thermomètre d‘un journal, trois fois plus que certains News (comme L‘Express) » explique-t-il sans complexe sur EntreprendreTV.

Certes, VSD est devenu mensuel avec un papier et une iconographie haut de gamme, mais la performance est réelle avec un prix de vente rehaussé à 5,50 €. Reste à conforter les finances d’un titre malmené et qui a été à deux doigts d’être mis en liquidation par le Tribunal de commerce de Paris. L‘ arrivée de Lafont presse, intervenant après celle de l’entrepreneur financier suisse Philippe Ghanem  (ADSS), avec l’injection de capitaux frais a sonné comme une bouée de sauvetage bienvenue même si rien n‘est encore gagné tant les recettes pub tardent à revenir.

Georges Ghosn, lors d‘un déjeuner au Flandrin, porte de La Muette à Paris, restaurant huppé où l’on croise souvent le formidable Vincent Bolloré, d‘autant plus affable que vous ne traitez pas affaires avec lui. Un magnat d‘exception que L‘Express va jusqu’à qualifier de « caïman des affaires“ évoquant à demi-mots son départ prochain de la présidence de Vivendi. Cela aurait mérité un autre coup de chapeau. C‘est une autre histoire. On ne refait pas nos confrères. Et Alain Weill, le nouveau propriétaire, c‘est bien connu, ne s‘en mêle pas…

Georges Ghosn, lui, est un poisson dans l’eau, passant d‘un sujet à l’autre à la vitesse de l’éclair. et j’écoute ses conseils avec intérêt tant nos parcours sont différents (rappelons
qu’Entreprendre est côté en bourse ) : « Tu devrais améliorer le logo de ton excellent Journal de France. Entreprendre, c’est très bien, mais n’oublie les patrons du CAC 40. C‘est le rêve des dirigeants de PME d‘avoir leurs photos à côté de celles de Patrick Pouyanné ou deCarlos Tavares ! ». On ne se refait pas. On a des idées sur tout, ou alors sur rien !

Et puis de raconter cette histoire lorsque, plus jeune en 1988, à l’âge de 36 ans, il a failli reprendre le journal Les Échos : « Je suis allé voir Jacqueline Beytout, la propriétaire, pour lui proposer d’éditer des guides d‘affaires et à la fin du rendez-vous, je lui souffle ma proposition de rachat du journal ». La femme PDG du premier quotidien économique français n‘en revient pas. Elle lui propose de le revoir peu après. La rencontre se fera à table et en compagnie d’un invité surprise, un certain Ambroise Roux. Le plus influent des grands patrons de l’époque, président fondateur de l‘Afep ; Celui-ci était curieux de jauger et parrainer un tel impétrant. Rastignac au pays du Medef (Cnpf a l’époque ) ? L’affaire paraissait en bonne voie. Quelques jours plus tard, Les Échos étaient vendus, faute d’accord avec les autres actionnaires, au groupe britannique Pearson, un vrai coup de Trafalgar pour les intérêts français et une terrible déception pour notre ami. Le journal a été heureusement repris depuis, en 2007, par Bernard Arnault ( LVMH).

Leçon de l’histoire : il faut toujours oser. Au début, l’actuel patron de VSD n‘avait pas forcément les moyens financiers du rachat. Mais à la sortie, c‘est la vendeuse elle-même qui allait pouvoir lui trouver les banquiers pour le tour de table. En affaires, il n‘y a jamais de risques à provoquer des rendez- vous pour monter des opérations apparemment impossibles. Car c’est souvent comme cela, que justement, on les rend possibles. Merci Monsieur Georges.

Robert LAFONT

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