L’Europe veut-elle oui ou non des géants industriels ?

Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission Européenne (Xinhua/Zheng Huansong)

Le rôle de la Commission européenne est-il d’empêcher le regroupement d’entreprises européennes afin de pouvoir mieux lutter dans la compétition mondiale ? La question est plus que jamais posée. Dans le passé, rappelons que cette même Commission a empêché les fusions de Schneider et Legrand, de Siemens et Alstom, et de bien d‘autres.

Selon nos informations à Bruxelles, voilà qu‘elle s’apprêtait maintenant à mettre son véto à l’alliance qui se profilait entre le luxembourgeois Aperam (5,1 milliards d’euros de ventes en 3821) et l’espagnol Acerinox (6,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires) afin de pouvoir constituer le premier ensemble européen de la métallurgie, un véritable leader mondial de l’acier inoxydable avec quelques 2,4 millions de tonnes produites par an. Un bel ensemble industriel mais qui, aux dires de Bruxelles, aurait mis à mal la libre concurrence à l’intérieur du marché unique. Est- ce cela dont nous avons besoin aujourd‘hui, ou précisément l‘inverse ?

A propos de concurrence, nos technocrates européens se sont-ils inquiétés de la mainmise et du monopole américain exercé par les Gafam américains sur le numérique ? Apparemment, cela ne gêne guère nos zélateurs du droit de la concurrence excepté Thierry Breton, le Commissaire français chargé du marché intérieur qu’on est le seul à entendre sur ces sujets sensibles. Plus généralement et au plan économique, le rôle des instances communautaires est-il là pour ralentir la progression des groupes du continent ou au contraire de pousser à l’alliance entre opérateurs.

Dans le secteur des télécoms, il serait temps par exemple que les opérateurs historiques comme Deutsche Telekom, Orange ou Télécom Italia arrivent à faire cause commune. On n‘en parle jamais, comme si le sujet était tabou ou mineur. Idem dans le Cloud ou les activités militaires ou spatiales…

Dans le même temps, Chine et États-Unis n‘ont pas ces mêmes pudeurs de gazelle pour favoriser la constitution de groupes industriels géants sur leurs territoires à l’image de Huawei ou Microsoft. Quand a Madame la Présidente de la Commission, la sémillante Ursula von der Leyen, ces derniers temps,  elle n‘a rien trouvé mieux à faire que d‘intervenir sur des sujets qui ne la concernent pas.

On se souvient qu’elle a demandé unilatéralement, au début de la guerre en Ukraine, et sans concertation la fermeture de la télévision russe RT sur le territoire européen alors que rien dans les traités ne l’y autorisait. Cela ne fait pas partie de ses attributions. Pourtant, personne n’y a trouvé à redire. Confusion des genres et inversion des objectifs ; il faut vite refonder l‘Europe …

Robert Lafont

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