Sur France Inter, la matinale de Nicolas Demorand et Léa Salamé reste, de loin, la première de France (2 millions d'auditeurs.)

À quelques semaines des présidentielles, la polémique sur l’opportunité de privatiser le service public de l’audiovisuel et notamment de la radio (Radio France) ne peut qu’enfler. Initiée par le candidat Eric Zemmour qui veut même aller jusqu’à supprimer la redevance audiovisuelle (138 euros par an), et reprise par de nombreux observateurs, de l’avocat franc-tireur Gilles-William Goldnadel jusqu’au très libéral Jean-Philipoe Delsol, reconnaissons que la question peut se poser.

Quand on observe, dans le dernier sondage Médiamétrie, le poids des audiences cumulées des radios publiques dans l’audience globale (France Inter 12,7%, France Info 8,5%, France Bleu 6%) avec plus de 23,7% de l’ensemble, on mesure l’importance d’avoir un minimum de neutralité dans le débat public. Ce qui est loin d’être le cas, dans les émissions politiques notamment.

L’influence pour l’opinion reste donc considérable d’autant que la première radio privée RTL ne dépasse pas 11% d’audience, quand RMC plafonne à 6,1% et Europe 1 à 4,2 %.

A défaut de tout privatiser, on peut se demander si la bonne réforme ne consisterait pas à exiger du service public, un programme radiophonique recentré, pédagogique, et d’avantage mesuré. Un peu à l’image de ce que produit la BBC pour le Royaume uni et qui reste une référence dans le monde entier. Une sorte d’exigence et de pédagogisme avec des moyens importants un peu à l’image de ce que produit France Culture, sur la forme et le fond, par exemple, avec un certain talent.

Mais L’État a-t-il vraiment sa place dans Mouv’radio, FIP, voire dans un France Inter autant politisé ? Ce n’est pas ce que les contribuables attendent d’un grand service public radiophonique de qualité, censé venir informer, éduquer et porter aussi une certaine voix de la France. À suivre.

Robert LAFONT

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