« Vacances, j’oublie tout, plus rien à faire du tout », comme le dit la chanson, sauf que c‘est souvent lors de la trêve estivale que l‘on voit de belles affaires se concrétiser, en particulier cette année avec la trêve forcée du confinement qui a retardé nombre de projets ! D’autant qu’avec la montée incroyable du télétravail, certains ont pu tromper l‘ennemi : on les croyait au repos, ils n‘ont jamais autant bossé ! On les imagine bronzant au bord d‘une crique à Cassis ou à Perros-Guirec, ils sont assis derrière leur ordinateur dans leur maison de Fontainebleau ou Senlis à peaufiner un business plan pour la jeune pousse de leur fils !

Le confinement a contribué à briser les lignes car tout, désormais, semble entremêlé. Nos vies pro et nos domaines persos. Votre lieu de résidence peut signifier temps de travail. Pourquoi pas, sans parler des désirs de changement de vie ! On voit ainsi de nombreuses PME de région qui, avant, pouvaient avoir du mal à recruter des cadres de qualité, voir affluer sur le bureau de leurs dirigeants des CV de premier ordre ! C’est un signe.

La période de vacances est aussi une bonne occasion pour ouvrir les yeux et avoir de nouvelles idées ou constater des manques commerciaux dans tels ou tels villes ou territoires. À Barfleur (50), c’est comme cela que le patron de la « Presqu’ile » a eu l’idée d’une terrasse ouverte sur le grand large, lui qui venant de sud avait l’habitude de manger dehors et ne comprenait pas pourquoi les Normands devaient rester confinés à table à l’intérieur même lors de grand soleil ! Ce n‘est qu’un exemple simple. Observez ce qui marche dans une station touristique, cela a de grandes chances de se reproduire et de réussir ailleurs…

Pour entreprendre, chercher à s‘inspirer du parcours de ceux qui mettent en pratique leurs concepts

Regardez Guillaume Arthuis. Ce Parisien trentenaire, ancien chef de rayon pendant 11 ans chez Décathlon, constate que de nombreux clients réclament des mécanismes pour transformer leur vélos classiques en vélos électriques. D‘où son idée de commercialiser un kit vélo électrique (avec batterie, capteurs et roue électrique) à monter et adapter soi-même sur son vélo. Commercialisé chez les principales enseignes (Intersport, Sport 2000…) par la jeune pousse « À bicyclette Paulette », l’adaptation est ultra-simplifiée et le prix de 750 à 1000 euros. Pourquoi s’en priver ? En 7 mois, la start-up en a déjà vendu près de 200 unités, même si pour l’instant les sous-traitants sont encore chinois. Personne n‘est parfait !

Autre idée, et celle-là est encore plus originale puisqu’elle consiste à revenir au temps des dirigeables. Oui, vous avez bien lu des engins comme Zeppelin. Ces dirigeables à hélium portés par la jeune société girondine « Flying Whales » présentent l’immense mérite de transporter des marchandises lourdes et encombrantes dans d’excellentes conditions financières et surtout du point de vue de la transition écologique. C’est ce qu’a bien compris son fondateur Sébastien Bougon qui a réussi à convaincre pour son projet d’envergure, outre Alain Rousset le président de la région Nouvelle Aquitaine particulièrement enthousiaste d’autres partenaires tels Bpifrance, l’État du Québec, l’Office National des Forêts ou Air Liquide et ADP, afin de mobiliser quelques 450 millions d’euros sur trois ans. Les « baleines volantes » de Flying Whales permettront notamment de transporter du bois, à commencer par le pin des Landes. Une première usine sera créée en Gironde, à Laruscade, commune de 3000 habitants entre Bordeaux et Angoulême, en 2021 avec quelques 250 emplois à la clé. Un magnifique projet industriel et une usine qui servira de modèle à d’autres qui pourraient suivre au Québec et en Chine. Il n’y a pas que le transport du bois, Flying Whales entend s’adresser aussi aux fabricants de pylônes et d’éoliennes. Ces dirigeables écologiques nouveau type (50 fois moins polluants que l’avion !) sont endurants et présentent l‘avantage de pouvoir déplacer des centaines de tonnes ! Que demander de plus ? Il n‘y a jamais eu autant d‘opportunités… Vous le constaterez de vos propres yeux sur les routes des vacances !

Robert Lafont

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