Les indiscrets de Robert Lafont / Janvier 2019

Un pouvoir coupé du peuple qui bosse ? J’ai alerté Bruno Lemaire dès le 2 novembre…

Ce n’était pas si compliqué à interpréter ! Ras-le-bol fiscal et pouvoir d’achat en berne, il suffisait d’aller sur le terrain pour saisir… Et pas besoin d’attendre d’hypothétiques représentants des Gilets jaunes, comme l’ont prétexté gouvernement ou médias en écho… À ce sujet, je tiens à la disposition le sms, que j’envoyais dès le 2 novembre, au ministre de l’économie Bruno Lemaire, je cite : « À propos des taxes sur les carburants, une suggestion. Vous revenez sur la hausse en contre-partie d’une baisse des dépenses de l’État. Avantage : vous désamorcez et associez l’opinion à la nécessaire baisse des dépenses publiques ». Ce mouvement spontané est une première, car il n’émane d’aucune organisation, ni corporation (fonctionnaires, cheminots, syndicalistes…) mais sort du tré- fond du pays, celui qui se lève tôt, et qui ne s’en sort pas… C’est tout le problème. Un mouvement enfant de Facebook et BFM, réunis, de Twitter et LCI. Il faudra en tenir compte pour l’avenir. L’idée de référendum numérique périodique est une idée à explorer. Regardons aussi ce que font nos voisins suisses. On ne peut plus gouverner contre une lame de fond. C’est cela qui aurait dû alerter nos dirigeants, coupés de la base, et qui croient se protéger en gouvernant à coups de sondages et de conseils d’experts en communication. Autre signe, on voit très peu de chômeurs ou de RSA aux rond-points des gilets jaunes… Mais des petits cadres, ouvriers, artisans, entrepreneurs, retraités, et aussi pas mal de femmes. Ce n’est pas si fréquent et pose la question de la rémunération du travail. Celui qui bosse ne gagne pas assez par rapport à celui qui “bulle”. Il y a 500000 emplois non pourvus en France et tout le monde connait des faux chômeurs…

Cette France active silencieuse durant des décennies, on ne l’entendait pas ! Et ne parlons pas des corps intermédiaires : plus minoritaires que jamais ! Moins de 2% des salariés du privé adhèrent aux syndicats (subventionnés). Je vous épargne le couplet sur les médias enfermés dans leur bulle. Tout se passe comme si le mouvement «en Marche» n’avait été qu’une bouée de sauvetage, certe utile, pour faire sortir de nouvelles têtes, issues de la société civile. Mais les nouveaux “marcheurs” sont devenus godillots et la démocratie participative dont ils avaient rempli leurs discours, a été remplacée par un langage technocratique qu’ils ont vite appris à utiliser.

Pour s’en tirer dans la crise actuelle, le pouvoir n’a pas beaucoup de portes de sortie… Il en a une… Renverser la table… Celle des dépenses publiques. Et surtout, mettre tout sur la table… Les reprendre une par une en les passant au peigne fin. La gabegie est phénoménale et on peut très vite redresser nos finances publiques tant le pays croule sous les prélèvements. C’est la seule manière de redonner des marges à la France qui bosse, et entreprend… Si Macron ose le faire, il fera ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’aura réussi à faire depuis 30 ans et il passera dans l’histoire… Si il ne le fait pas, il passera à la trappe.

Les Gilets jaunes bloquent l’économie et pendant ce temps-là, les Américains déposent plainte contre Airbus

Ils n’ont peur de rien, c’est à ça qu’on les reconnait ! Amendes record se chiffrant en milliards à l’encontre de BNP-Paribas ou de la Société Générale, éviction de PSA, Renault et Total d’Iran, pays où ils étaient leaders. (Incidemment, on apprend que le chinois CNPC prend la place de Total dans le projet gazier de South Pars). Jusqu’où allons-nous devoir descendre pour réagir à l’offensive économique de l’Amérique et de son bras armé (la justice US) pour affaiblir nos industriels ? Le gouvernement ne bouge pas… On se souvient aussi que le président d’Alstom, Patrick Kron, avait été déstabilisé par une plainte aux USA avant d’entrer en négociation avec GE. Un affaiblissement bien opportun pour faciliter la vente de ce fleuron (indispensable pour faire fonctionner notre arsenal nucléaire). Et je ne parle pas du dollar, planche à billets utilisée à l’envie pour financer tous les déficits. Qu’attend l’Europe pour imposer l’euro lorsqu’elle accorde des prêts, comme le fait la Chine aux pays africains ? Celle-ci prête à tout va, mais en im- posant, en retour, l’utilisation du yuan.

Eric Besson, un ministre épris de foot

Verre avec l’ancien ministre de l’Industrie de Nicolas Sarkozy. Avant de parler, il écoute longtemps. Quand on le met sur le sujet du foot, il est intarissable. «Je suis tombé dedans tout petit, au Maroc… Aujourd’hui, c’est le seul sujet de conversation quasi mondial de par la planète. L’Asie et les États-Unis s’y mettent. Le groupe américain qui a repris Bordeaux m’a pro- posé d’être président, mais je voulais avoir la main sur le sportif. Il y a tant à faire. Y compris dans l’animation autour du stade.» L’ancien ministre de l’Industrie ne regrette pas le monde politique : «Le foot est le seul endroit où vous pouvez mesurez les résultats tout de suite, c’est affaire d’organisation, de méthode, et de psychologie.» Vous avez vu les résultats désastreux de nos clubs en Coupe d’Europe ? «On me dit partout dans le monde que nous avons les meilleurs techniciens. Nos joueurs manquent de discipline, de travail, d’équilibre». À l’image de la société ? «Oui, quand nos joueurs, vont dans un club étranger, ils deviennent meilleurs. Regardez Fekir, il devait aller à Liverpool, mais les Reds n’en veulent pas à cause de l’environnement du joueur.» Remettre la valeur travail aussi dans le foot, cela me rappelle quelque chose. Éric Besson est un personnage double : prolixe et silencieux… , social et capitaliste. On en redemande !

Réforme des tribunaux de commerce : le cri d’une PME, France Gênoise !

Il revient de loin Nicolas Faguier. Si ce Vendéen de 40 ans est en train de redresser son affaire de pâtisserie, France Gênoise, dans laquelle il était rentré comme simple apprenti ; il en veut à mort aux tribunaux de commerce qui, selon lui, liquident a petit feu une partie de notre tissus économique : «Sur 50 000 dépôts de bilan, seulement 1% des entreprises s’en sortent. Une gabegie absolue… Les administrateurs judiciaires s’en mettent plein les poches (400k€ de revenu en moyenne par an), sans avoir d’ obligation de résultats sur le maintien de l’ activité. Ils gagnent plus lorsqu’il y a liquidation !». France Gênoise (4M€ de CA, 30 salariés) s’en est sortie grâce à la procédure de sau- vegarde instaurée sous Sarkozy. «Sans elle, nous n’existerions plus… Ce n’est pas une infamie de déposer le bilan. Aux USA, Trump a été mis trois fois en redressement judiciaire…» «Au lieu d’être des abattoirs, nos tribunaux doivent devenir des hôpitaux qui soignent. Les administrateurs, ne sont pas des re- dresseurs d’entreprises, mais des professionnels du droit… , il faut, à leurs côtés, des conseils d’entreprises ou entrepreneurs pour accompagner les dépôts de bilan. «L’entreprise, c’est de l’humain. Regardez l’émission Cauchemar en Cuisine, ce que fait Philippe Etchebest, c’est ce qu’il faut mettre en œuvre dans les boîtes… L’humain avant le financier et non l’inverse». On se souvient qu’Arnaud Montebourg s’était essayé à réfor- mer les tribunaux de Commerce. La réforme attend toujours !

Claude Onesta, l’entraineur champion du monde de Hand n’aime pas “les petits chefs”

Le patron de Performance 2024 monte au créneau pour dénoncer nos archaïsmes(1), et il est précis. «On a créé des systèmes avec des petits chefs partout. Ça crée du blocage. Il faut re- trouver de la souplesse, de la proximité, de la réactivité. Prenons l’accompagnement socioprofessionnel. Tout le monde le traite : fédérations, Comité olympique, ministère, CREPS, di- rections régionales, INSEP. On a mis des petits chefs partout. Et à la fin, c’est un vrai bordel. Chacun veut faire bien. L’idée, c’est de coordonner l’ensemble pour le rendre plus efficace. Dé- finir qui sont les athlètes prioritaires à prendre en charge. La volonté, ce n’est pas de faire à la place des autres, mais d’apporter une forme de cohérence, pour que chacun ne fasse pas ce qu’il veut dans son coin. Vous voulez d’autres exemples ? L’environnement psychologique. Dès qu’on dit vouloir s’occuper du mental, on devient quelqu’un de sérieux. C’est un secteur où moins tu organises, plus tu vois apparaître les tordus, les gourous. On va coordonner l’ensemble pour savoir ce qui re- lève des bonnes pratiques. Je ne vais pas le faire seul. On ne transforme pas un système contre les gens de l’intérieur mais en les entraînant avec soi.» Presque prémonitoire.

Noyaux durs, on aurait dû écouter Balladur En 1993, pour protéger nos grands groupes, Édouard Balladur, Premier ministre prémonitoire, avait tenté de créer des noyaux durs et tout le monde lui était tombé dessus. 25 ans après, beaucoup de nos géants (Alstom, Pechiney, Arcelor,…) sont tombés dans le giron de groupes internationaux, et peu- vent, du jour au lendemain, être démantelés ou délocalisés. S’il est de bon ton (France Insoumise compris) de tomber à bras raccourcis sur les groupes du CAC 40, oubliant que ces der- niers réalisent 70% de notre investissement, n’est-il pas temps de nous réarmer industriellement ? Macron serait bien inspiré de recréer des fonds de pension à la Française, mobilisant l’ épargne des citoyens à l’ instar de ce que font les Norvé- giens… L’ intérêt est double : renforcer le pouvoir d’ achat des retraités et arrimer dans l’hexagone le capital de nos fleurons industriels.

Dominati : «Comment les Belges peuvent-ils acheter américain au lieu de Dassault ?

Et on va nous parler encore d’Europe! Patron du site «Lesfrançais.press», Laurent Dominati n’en revient pas qu’on ait laissé les Belges acheter des avions US pour le renouvellement de leur flotte aérienne de défense alors que Dassault proposait une alternative : «Même si l’appel d’offres était tronqué, Florence Parly aurait pu proposer en préalable un accord de stratégie de défense globale. Là, on les a pris de haut, et Dassault n’a même pas cru devoir répondre à l’ap- pel… Du coup, on en prend pour 25 ans… La solution c’est la défense commune». L’Europe, même si elle vient de créer le Fonds européen de défense (FED) doté de 13 milliards d’eu- ros, continue d’oublier les fondamentaux. On ne construit pas la maison en commençant par le toit.

Entreprendre Lafont presse lance «Le Quotidien du foot.fr»

Une petite bombe dans le monde des médias sportifs. Deuxième groupe de presse sportive française derrière Amaury–L’Équipe, Entreprendre Lafont presse, avec une trentaine de magazines diffusés en kiosque (Le Foot, Le Sport, Le Foot Paris, Le Foot Marseille, Le Foot Lyon,…, Rugby magazine, Le Sport, Le Sport Vélo, Cyclisme magazine, Le Sport F1, France Basket, Féminin Footing, Handball magazine…) lance le premier quotidien digital 100% foot… Après avoir publié Le Quotidien du Foot en kiosque, en 2009, pendant un an, le titre est devenu Le Foot. Le passage à l’édition numérique marque un tournant digital pour notre groupe, qui, jusque là, avait toujours privilégié la presse papier… Le Quotidiens du foot.fr, a pour rédacteur en chef Stéphane Desenclos, ancien de But. L’architecture numérique est assurée par UMC groupe (Lafont Digital), dirigé par Thierry Hazan et Jonathan Le Lalinec…

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