L’enlaidissement de la France est manifeste : zones commerciales innombrables, constructions neuves erratiques, quartiers de logement social uniformisés… Une autre politique est possible avec la création de zones vertes inconstructibles  et une incitation fiscale pour réhabiliter les logements anciens

L‘enlaidissement du pays est patent. Il suffit de traverser notre pays au hasard des routes pour le constater., ou mieux de regarder des vieux films des années 60 / 70 pour constater les dégâts commis sur l’environnement général !

Pas une ville qui n‘ait désormais, de manière lancinante, sa zone commerciale périphérique et ses rond-point avec force de supermarchés et autres surfaces spécialisées type Gifi ou Mr Bricolage. Les maires ont accordé des autorisations d’ouverture à n‘en plus finir, histoire d‘augmenter les recettes fiscales de la commune ou de financer des dépenses d’aménagement de ces dits ronds points, un marché de dupe. De tels centres commerciaux aussi hideux que déshumanisés a, phénomène aggravant, vidé les centre-villes de nos bourgs si animés autrefois. Et si le café du commerce d‘antan n‘est plus, il est remplacé dans le meilleur des cas par une devanture d‘agence bancaire ou de courage en assurances. Et comme il n’y a plus beaucoup de cafés ou de brasseries, les points de rencontre dans nos bourgs se raréfient d‘autant. De leurs côtés, nos élus ont beau jeu, comme pour se dédouaner, d‘organiser des réunions avec les habitants à la recherche d’idées pour « revitaliser » leurs centre-villes. C’est trop tard, le mal est fait. Les consommateurs, que nous sommes, ont pris goût à fréquenter les larges rayons des surfaces spécialisées plutôt que de faire la queue qui, chez son quincailler, qui, chez son épicier. Revitaliser, le mot s‘applique à un corps malade, celui de nos centres-villes que l’on n’est pas prêt de retrouver… malgré certains efforts méritoires (rue piétonnes, verdure…).

La vérité est que l‘on a perdu l‘esprit de ce qui faisait un certain mode de vie assez français et que nous enviaient pas mal de touristes venant visiter notre pays. Les événements récents, avec la Covid, ne vont pas arranger les choses. Et ils vont encore pousser au cloisonnement, à la digitalisation, aux Drive, au clic et collecte, à Uber Eats ou Cdiscount, en bref à un mode de vie sans contacts. Cela promet. Le pire est que l‘on s’y habitue assez bien. Désormais, on peut tout faire de chez soi, sauf en l’occurrence tout ce qui n‘est pas essentiel dans la vie : les rencontres, l’échange ou la découverte fortuite…C‘est un autre sujet !

Inutile également de revenir sur les dégâts collatéraux initiés par notre politique du logement social, une politique unique au monde (notre pays construit à lui tout seul plus de 40% des logements sociaux bâtis sur le continent européen), qui a poussé nos élus à se soumettre à une idéologie collectiviste, contribuant a déresponsabiliser les citoyens pour ce qui concerne leur logement et à en faire des assujettis. Sous couvert de générosité sociale, le fameux droit au logement, on a construit des quartiers uniformes, sans âmes, et pas toujours entretenus. Au lieu de favoriser une certaine mixité sociale, on l‘a rendue difficile. Résultat, la plupart de nos villes sont aujourd‘hui réduites à se soumettre à l’obligation des 25.% de logement social ( pour les villes de 1500 habitants en Île-de -France ). Une obligation, rappelée avec emphase  par là ministre du logement, Emmanuelle Wargon, qui y voit même „ le point de départ d‘un sursaut républicain“ selon ses propres termes.
La loi s’impose aussi aux promoteurs immobiliers qui, du coup, compensent en augmentant leurs prix. sans parler des abus nombreux sur les ayant droits aux HLM ( on se souvient de „ l’affaire“ des appartements de la mairie de Paris attribués à des journalistes, politiques ou artistes). Madame la ministre, au lieu de s‘adonner au politiquement correct pour ne pas déplaire à „Libération „ ou au „Nouvel Obs“ ferait mieux de s’intéresser à l‘avenir de nos cités dans leur globalité.


De telles verrues placées dans nos villes sont d’autant plus critiquables que dans le même temps, la plupart des villages, ceux qui faisaient l’habitat de nos grands parents, tombent dans l’abandon ou la décrépitude quand ils ne sont pas situés dans un circuit touristique (Gordes, Roquefort…) ou proches d‘une belle usine.Voir par exemple comment est redevenue vivante la commune de Saint-Pourcain-sur-Sioule dans l‘Allier depuis que le groupe LVMH de Bernard Arnault y a investit de nombreuses usines Louis Vuitton. Un bel exemple de retour à un certain art de vivre…mais une exception qui confirma la règle car malheureusement dans la plupart de nos petites bourgades.c’est l‘inverse de ce que l‘on constate.

Nombreuses maisons fermées, commerces à l’abandon, des cités fantômes habitées par quelques personnes souvent âgées ou des paysans qui n‘ont pas cru devoir quitter leurs terres contrairement aux nouvelles générations aspirées par la ville, l‘emploi et l‘attractivité de la société de consommation. Le résultat est l‘essor des métropoles au prix de l’immobilier rédhibitoire, cohabitant avec l‘envolée de banlieues champignon qui n’améliorent pas l’ensemble.

Un phénomène sans doute atténué par la pandémie qui fait découvrir à certains de nos compatriotes qu‘on pouvait mieux vivre dans un pavillon à la campagne que dans un 3 pièces urbain avec vue sur l‘immeuble en face. Quelle découverte, et mettons de côté les problèmes de pollution.
On a tout fait en dépit du bon sens ! « La France défigurée  » titre d‘une émission télévisée créé par Louis Bériot et Michel Péricard et diffusée de 1971 à 1978,était-elle à ce point prémonitoire ? Certes maintenant, nous avons bien Stéphane Bern ( mission sur le patrimoine ) ou moins médiatique, Alexandra Sobczak (Urgences Patrimoine ), mais ils ne s‘occupent que des monuments historiques! Ce qui est quand même mieux que rien.Alors que peut-on faire ? Une solution serait de revenir sur ces autorisations intempestives de permis de construire accordés partout sur le territoire qui font certes le bonheur de nos constructeurs de maisons individuelles Maisons Pierre et j‘en passe, mais dont l‘essor contribue  la plupart du temps, a détruire l‘harmonie de nos paysages traditionnels.

Comme le demande l’ un de nos plus grands architectes,Christian de Portzamparc, n‘est-il pas grand temps partout en France de geler des terrains et surfaces agricoles pour en faire des zones vertes inconstructibles, comme on l‘a fait par exemple pour certaines zones du littoral côtier. Curieusement sur le sujet, on n‘entend guère nos écologistes. Bizarrement, ce sont eux, Cécile Duflot en tête qui ont élargi, avec la loi Alur en juillet 2013, les possibilités de bétonisation  de notre pays. On n’est plus à une contradiction près de leur part.

Outre l’instauration de zones vertes inconstructibles, pourquoi ne pas non plus inverser les tendances et mettre en place une politique de défiscalisation, comme le fait la loi Pinel pour les logements neufs, afin de favoriser la rénovation et la réhabilitation d’ habitats anciens de nos villes et villages. Vous imaginez le chantier que cela représenterait. Outre le surcroît d’activité, un formidable embellissement de notre pays tout entier sur toutes les strates de ses territoires.

Avouez qu‘il en a besoin. Surtout s‘il veut rester le plus beau pays du monde. Un magnifique défi pour la nouvelle génération à mettre sur la table lors du prochain débat présidentiel de 2022. Chiche ! Tout le monde y gagnera !

Robert Lafont

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