Par Emmanuel Jaffelin, auteur de l’Eloge de la Gentillesse (Bourin 2009, Pocket 2018) et On ira tous au Paradis (Flammarion)

Tribune. L’écologie politique, qui prend la forme de ces partis politiques qui s’appellent « Les Verts » en France ou en Allemagne (« die Grüne »), tire moins ses racines de la cité (« polis » en grec antique) que de ce qu’elle « croit » être la nature. A première vue, l’écologie est donc « naturaliste » : la nature avant la culture, ce qui se traduisit par des décisions ridicules, comme, par exemple, l’interdiction des sapins de Noel en 2020 proférée par le maire écolo de Bordeaux – le fumeux Pierre Hurmic- interdiction qui repose sur un projet anti-chrétien caché derrière un supposé sacrifice de la nature alors que ces sapins sont le produit d’une culture religieuse et sociale ainsi que d’une agri-culture.

En revanche, Brigitte Bardot avait raison en 1977 de se rendre au Canada pour protéger les bébés phoques : il s’agissait moins pour elle de protéger la nature que de dénoncer la violence et l’hypocrisie humaine. Une violence qui tournait à la cruauté des chasseurs assommant le bébé phoque à coups de gourdin puis lui arrachant la peau alors que l’animal était encore vivant, conscient et parfois sous le regard de sa mère et d’autres bébés phoques ! Quant à l’hypocrisie, elle reposait sur cette mode vestimentaire chic et luxueuse visant à faire paraître belle une femme portant comme manteau une deuxième peau poilue. Brigitte Bardot avait ainsi plus de culot que d’écolos dans ses actes qui révélait au grand public les deux tares d’une dynamique mercantile.

Après la catastrophe de Fukushima (mars 2011) au Japon, Angela Merkel, la chancelière allemande, décide de fermer toutes les centrales nucléaires de son pays alors qu’elle voulait les augmenter avant cette catastrophe nipponne : la production d’électricité provient alors du charbon, mais surtout des énergies renouvelables qui font aujourd’hui de l’Allemagne un pays de l’Europe qui exporte plus d’électricité que la France1. Bien sûr, l’Allemagne s’efforce de fermer, après ses centrales nucléaires, ses centrales à charbon qui produisent des émissions de gaz à effets de serre.

Il est étonnant de remarquer ces deux réactions des deux femmes pratiquent l’écologie avec efficacité et sans engagement politique. Mais il va de soi que ce qui sucite leurs ré-actions n’est pas la manifestation d’une idéologie, mais la réplique à une catastrophe. Ces deux exemples nous laissent deviner que le fond de l’écologie n’est pas catastrophique mais catastrophiste. Le terme catastrophe vient du grec ancien katastrophè qui désigne un « bouleversement, une fin ou un dénouement ». L’écologie saine et efficace vient donc moins de ce courant anti-politique (qui n’aime pas la Cité), que d’une réaction naturelle des hommes, voire notamment de femmes2, qui agissent pour mettre fin à une catastrophe (Brigitte) ou l’anticiper (Angela et Greta) afin qu’elle ne se produise pas comme elle s’est produite avant et ailleurs.

Moralité : l’écologie n’est ni catastrophique ni catastrophiste : elle est plutôt un cataclysme 3politique car elle est antipolitique et antisociale. Selon Aristote, la cité (Polis) est une » communauté naturelle » (koinonia). En elle, s’exprime l’élan (hormè) qui pousse les hommes les uns vers les autres. Or, l’écologie politicienne devient un frein de la Cité et non un élan : selon elle, il s’agit d’arrêter la Cité plutôt que de la faire avancer … à l’instar de ce qui rend difficile la circulation dans Paris en 2021 !

1 – qui a 56 réacteurs nucléaires répartis dans 18 Centrales.

2 – Greta Thunberg, très jeune autiste suédoise de 16 ans qui s’ interroge sur le climat qui semble moins autiste que les politicards écolos !

3 – du latin cataclysmus qui signifie « inondation ». L’écologie nous inonde de freins et nous noie ! Elle voit tout progrès technologique comme un élément à bloquer pour éviter la collapsologie, à savoir l’effondrement de notre civilisation

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