Il a beau jonglé avec les fuseaux horaires — Chine le matin, Amérique l’après-midi —, le battant de 51 ans n’en démord pas : « Thomson, seule marque française et européenne de PC, peut devenir un leader mondial, encore faut-il que les pouvoirs publics et les collectivités locales nous poussent. Je rencontrai récemment Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l’industrie, et la seule question qui semblait l’intéresser était de savoir, ingénument, si nos usines étaient situées en France. »

La ministre pouvait-elle ignorer que la quasi intégralité des PC et notebooks étaient fabriqués en Chine, à commencer par ceux des géants mondiaux américains (Apple, HP ou Dell en tête) qui ne disposent d‘aucune usine sur le territoire américain. Sur le sujet, Stephan Français est intarissable. L’ancien acheteur du magasin Surcouf enrage : « A 500 euros le salaire chargé chinois, on ne peut pas lutter, moi ni quiconque. Et cela n’empêche pas les pouvoirs publics américains de pousser leurs marques à fond. Chez nous, on feint de ne pas le savoir. Cela me rend fou ! »

Même si Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France l’a assuré récemment de tout son soutien pour favoriser l’arrivée des PC Thomson sur les tables de bureaux des lycées d’Ile-de-France. Cela bouge mais que d’énergie dépensée pour arriver à convaincre administrations, énarques et haut-fonctionnaires…

Malgré tous ces freins, « l’entrepreneur de l’année 2019 », récompense décernée par Entreprendre, continue sa belle marche en avant. Ainsi, Thomson Computing réalisera cette année 70 millions d’euros de chiffre d’affaires contre 45 l’année précédente. Une magnifique progression alimentée aussi par de nouveaux marchés conquis hors de France (Afrique, Moyen-Orient, USA…), où la marque française réalise pas moins de 30 % de ses ventes.

Une belle percée à l’export, d’autant que le leader mondial, Hewlett Packard, n’a pas pu honorer 70 % de ses commandes à cause de la fermeture de son usine chinoise. Une décision ordonnée par le gouvernement sous couvert d’accusation de travail d’enfants. Officieusement, il s’agit d’une réponse du gouvernement chinois à l’interdiction de Donald Trump du réseau social Tik Tok aux États-Unis.

Sur le sujet, Stephan Français a une suggestion à faire au nouveau ministre du commerce extérieur, Franck Riester, pour relancer notre balance commerciale : « Faire comme les Chinois, reverser 5 % du montant des ventes nouvelles réalisées par les entreprises à l’international. » Chiche ! C’est une belle incitation et cela pourrait marcher, à moins que l’idée ne soit rétoquée par les brillants esprits qui nous gouvernent, parce que trop simple, justement ! Arrêtons de perdre du temps ! Fonçons !

Robert Lafont

LAISSER UN COMMENTAIRE

Tapez votre commentaire
Entrez votre nom ici

3 × 4 =