Faut-il être un peu fêlé pour pouvoir rentrer un jour dans le classement des grands entrepreneurs mondiaux ? À regarder le parcours des Elon Musk, Richard Branson voire Xavier Niel, Jacques-Antoine Granjon ou Octave Klaba : on a de quoi s‘interroger.


Prenez ce Branson, le déjanté multi-entrepreneur britannique, il n’est plus à une folie prés à 70 ans passés. Remarquez, c‘est peut-être pour cela qu’il a si bien réussi. Savoir être « disruptif  » comme on dit aujourd‘hui ! Encore faut-il que le marché suive. Vous vous souvenez des croissants surgelés « Danerolles » lancés à grand fracas en 1976 par Danone. Il suffisait de les mettre au four pour pouvoir disposer d‘un croissant chaud le matin. Quel four, cela a fait long feu ! L’histoire économique est jalonnée de ces échecs de pionniers partis trop tôt et qui ont donné ensuite l’idée à des groupes plus puissants, plus patients aussi, qui avaient les moyens d’assurer une bonne commercialisation en prenant le temps.

Bien observer ce qui marche pour pouvoir l’exploiter à leur tour avec des moyens, est une aubaine pour des grands groupes opportunistes. En tant qu’entrepreneur de presse, nous avons lancé le premier le magazine  » Entreprendre « en 1984 avant que Jean-Louis Servan-Schreiber (fondateur de « L‘Expansion « avec Jean Boissonnat) ne publie ensuite « L’Entreprise « 
(revue disparue en 2013) ou que Prisma et Axel Ganz n’éditent  » Capital « , 7 ans après, en 1991. Pourquoi pas, c‘est la loi de la concurrence et de la compétition.

Cette adrénaline dont se sert visiblement ce diable de milliardaire anglais, fondateur du groupe Virgin en multipliant les initiatives. La dernière en date, se lancer dans l’espace à bord de VSS Unity, premier vol touristique d‘une durée de 7 heures. Avec en prime, récompense suprême, la satisfaction de pouvoir s‘y rendre quelques jours avant celui du magnat d‘Amazon, Jeff Bezos,57 ans, qui ne partira pour son premier vol arbitral que le 20 juillet, soit 9 jours plus tard.

J’insiste sur cette rivalité car elle finit aussi par être un moteur, pour ces hommes qui ont tout gagné et qui semblent toujours en recherche d‘un ultime pari, celui qui les fera apparaître encore plus grands. Il ne faut pas sous-estimer dans le cœur des hommes ce besoin de se confronter et de se surpasser qui peut conduire à de formidables aventures. Cela a toujours existé dans tous les domaines. On se souvient qu’en 1822, le français Jean- François Champollion était en lutte avec un autre savant pour parvenir à décrypter le premier les hiéroglyphes égyptiens. Qui sait si ce n’est pas cette urgence qui lui permit de se surpasser pour arriver à ses fins le premier.

Méfiez-vous des secteurs sans concurrence. Souvent, c‘est qu’il n‘y a pas de marché, ouvalirs que la concurrence n‘est pas au niveau. Préférez ouvrir un restaurant là où il y’en à un. Et en plus, le succès de l’un peut aiguiller l‘autre.

Richard Branson est un risque-tout qui garde les pieds sur terre. Le marché du tourisme spatial est prometteur, de l’ordre de 10 milliards de dollars. Et on estime à 50.000 le nombre de clients dans le monde d‘ores et déjà prêts à débourser 220.000€ pour une virée dans l’espace. Au plan financier, le multi-milliardaire de Virgin a imaginé un montage financier astucieux. Avant même son premier vol, Virgin Galactic a déjà emballé les marchés financiers. Depuis son introduction en bourse en octobre 2019 à Wall Street, sa capitalisation a été multipliée par 4. Richard Branson a été un des premiers à recourir aux SPAC via une fusion lancée juste avant son IPO sur le NYSE, à une époque où personne ne parlait de ces nouveaux instruments financiers, devenus la nouvelle coqueluche des milieux d’affaires. Tous les grands de Bernard Arnault, Francois -Henri Pinault, Sébastien Bazin, Patrick Drahi, ou Xavier Niel participent de près ou de loin à une SPAC. Un véritable engouement !

En 2019 donc, Virgin Galactis fusionne avec Social Capital Hedosophia, le Holding financier lancé par un ex- dirigeant de Facebook, Chamath Palihapitiya. Le nouvel ensemble bénéficie d‘un effet notoriété qui lui permit malgré des pertes considérables de lever 800 millions de dollars la première année, soit autant que le montant du capital de départ souscrit en 2014. Ce qui valorisait l’ensemble 1,5 milliards de dollars à  cette époque.
La course à l’espace est donc autant technologique que financière. C‘est autant celui qui saura lever le maximum de capitaux que celui qui saura s’approprier les meilleurs savoir faire et chercheurs, qui l’emportera au final. Sans parler de l’âpreté de la bataille commerciale qui s’annonce. Puisqu’outre Virgin Galactic et Blue Origin (SpaceX), la société de Jeff Bezos, nombre de jeunes pousses veulent leur part du gâteau spatial. Parmi elles, on peut citer des américaines comme Momentus, Rocket Lab, ou Redwire et peut être aussi on l’espère Arianespace ou un entrepreneur pas encore dévoilé à ce jour ! Foncez !

Robert Lafont

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