Covid-19 l'infectiologue et professeur de microbiologie français Didier Raoult

Tribune libre.

Tout aurait-il commencé à partir des 7èmes jeux militaires mondiaux de Wuhan ? En octobre 2019 plusieurs athlètes français reviennent de WUHAN manifestement malades, on soupçonne une mauvaise grippe, des militaires américains sont également présents, on déplore déjà quelques morts dans leurs rangs. Tout porte à croire qu’ils ont contracté quelque chose lors de ces jeux (article du 12 mai 2020, source Le Monde). Ce qui expliquerait que les alentours de Creil (base militaire) dans l’Oise aient constitué un foyer actif de contagion. Peu d’informations filtrent. On peut d’ailleurs se demander en quoi cacher la vérité pouvait avoir un sens. Pour protéger, quoi, pour protéger qui ? Quel intérêt autre que sportif donner à l’existence même de ces jeux militaires. Quel intérêt réel présentent-ils si ce n’est le risque que certains militaires puissent anormalement échanger, nouer des relations qui par nature sont à tout moment susceptibles de se retourner contre les intérêts des nations organisatrices ? L’enjeu de ces jeux peut-il n’être que sportif ? Qui décide du lieu de ces jeux, et comment ? La question de savoir qui a décidé en l’espèce du lieu de ces jeux n’est pas anodine. Pourquoi choisir une ville chinoise alors même que l’armée chinoise est une des plus discrètes au monde ? Peut-on imaginer qu’une instance quelconque ait sciemment choisi WUHAN pour justement faire peser ensuite des soupçons sur le fameux laboratoire P4 situé dans cette ville ? Peut-on imaginer que quelqu’un lors de ces jeux ait fait déposer le virus sur un marché pensant ainsi nuire aux intérêts chinois ? Autant de questions sans réponse à ce jour. Des milliers d’historiens, de chercheurs risquent de passer leurs vies à faire éclore la vérité au milieu de mille mensonges. Aura-t-on un jour des réponses ? Pour l’instant personne n’est en mesure d’affirmer quoi que ce soit, mais les questions restent. Il faut être prudent et se garder de toute accusation. Dans le doute, rien n’empêche de ne plus participer à ces jeux tant que la vérité n’aura pas fait surface.

Un optimisme bien français au tout début de l’épidémie : alors que l’épidémie commence à faire rage en Chine fin décembre, pourquoi les autorités françaises ne se lancent-elles pas dans l’acquisition immédiate et massive de masques, de gel hydro-alcoolique, de matériel de test ? Il est assez difficile de répondre à cette question, d’autant que l’Allemagne commence déjà à s’organiser. Il est vrai qu’il est bien français de toujours éviter les pires idées pour éviter d’affoler les populations. Egalement, pourquoi n’a-t-on immédiatement fermé toutes les frontières, y compris aux ressortissants français qui rentraient de Chine ? Au nom du principe de précaution, et face à un tel danger, un état doit être en mesure de refouler ses propres ressortissants, dans la mesure où ils représentent un danger grave et imminent. Rien ne permet d’ailleurs de penser qu’ils auraient été moins bien soignés en Chine.

Cela aurait rendu très difficile la montée en puissance du virus sur notre territoire. On aurait donc probablement sauvé des milliers de vies en France si on avait tout bloqué dès janvier. Gouverner c’est naturellement prévoir et savoir envisager le pire pour justement l’éviter.

Masquer l’absence de masques : la France manque terriblement de moyens alors on invente que les masques sont inutiles tout en cherchant à en produire…. On a détruit les stocks qui avaient été constitués lors de l’épidémie du SRAS et désormais on en manque. Les incohérences ont été manifestes, il faut bien le reconnaître, mais il faut aussi bien comprendre que les membres du gouvernement ont été très largement influencés par le corps médical qui s’est parfois bien ridiculisé. Tout le monde se souvient des doctes professeurs qui exposaient sur C news à l’Heure des Pros qu’un masque ne servait à rien. Dans ce cas pourquoi en portent- ils lorsqu’ils opèrent ? Que des scientifiques, professeurs de surcroît, puissent affirmer de telles contre-vérités est totalement consternant. Pire de nature à engager leurs responsabilités au moins civiles !

L’attitude des politiques aurait pu être la suivante : reconnaître honnêtement le manque de masquer, plaider qu’on ne peut pas toujours anticiper l’exceptionnel et simplement fournir aux citoyens des plans de découpe de masques à réaliser avec 3 draps cousus les uns sur les autres, assortis d’un élastique. Un système D très efficace, que certains français ont eux- mêmes mis en place. Pourquoi avoir attendu ? Perte de temps, souci d’une homologation hasardeuse et lente, quand le bateau coule, on n’a pas le temps d’homologuer les bateaux de survie. Le pragmatisme anglo-saxon (et marseillais !) contre le dogmatisme parisien. Reconnaître honnêtement que l’on a failli grandit celui qui est défaut et le redresse aux yeux de l’opinion. Pourquoi les politiques préfèrent-ils le mensonge en invoquant des problèmes de logistiques et d’acheminement de masques qui n’existent pas. Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?

Des hôpitaux au bord de la crise de nerf depuis 20 ans

Les politiques publiques n’ont eu de cesse de réduire au-delà du raisonnable les dépenses de santé liées aux soins pour augmenter les dépenses (dites aussi à tort, de santé) d’organisation liées à la gestion. Le millefeuille de la santé est époustouflant. S’y réfugient sans doute des médecins qui en ont marre de soigner et qui préfèrent gérer des tableurs Excel à l’action de prodiguer des soins. Peut-être parce que cela est plus rentable et moins risqué. Dans ces conditions ne devraient-ils pas rembourser les études que l’Etat leur a offertes au prorata du temps passé à ne plus soigner les malades. Les agences régionales de santé se cumulent avec des organismes de contrôle, de gestion, des comités en tous genres, un scandale permanent de gaspillage alors que les seringues, les médicaments, les masques, les charlottes manquent, que les urgences sont saturées depuis 20 ans, que la pénurie de médecins a été savamment orchestrée pour limiter les dépenses. Orchestrée par qui ? Le saura-t-on un jour ? Les hôpitaux étaient au bord de la crise cardiaque avant la crise, ils ont tenu, mais à quel prix ? Réduire les dépenses de santé au-delà du raisonnable n’est rien d’autre qu’un acte odieux. Est-ce qu’une organisation internationale aura le courage d’écrire un texte qui édicterait que réduire les dépenses de santé directement en lien avec les soins aux malades, au-delà du raisonnable, est un crime contre l’humanité ? On verra bien. Peut-être verra-t-on plus tôt une loi d’autoamnistie ?

Une médecine de ville et des pharmaciens écartés de la lutte

Pourquoi les agences de santé ont-elles interdit aux laboratoires privés d’acquérir des tests, aux pharmaciens de vendre des masques, aux médecins de prescrire ce qu’ils avaient envie de prescrire au seul motif que les homologations manquaient ? On a le sentiment, peut-être à tort, que tout ce qui aurait pu être efficace a été ralenti. L’idée générale d’ailleurs que seuls les médicaments efficaces ne sont donnés que sur prescription quand ceux qui le sont moins restent en vente libre témoigne d’une certaine forme d’incohérence. Le médicament efficace serait moins facilement délivrable que celui qui le serait moins. Cela est presque absurde. Si la médecine était logique, l’inefficace serait banni et l’efficace rendu accessible à tous. Ce faisant on assure une rente garantie aux médecins sans lesquels pas de soins efficaces. Oui la médecine doit se réorganiser et donner aux pharmaciens un vrai pouvoir de prescription, pour la plupart des médicaments prescrits sur ordonnance. Il faut libérer cette médecine d’autrefois et penser celle du 21ème siècle.

Le scandale de la chloroquine, ou le scandale dans le scandale

En janvier, près de deux mois après les premiers cas de COVID 19 en Chine, la France se permet de faire retirer de la vente libre l’hydroxychloroquine, ce médicament donné depuis près de 40 ans à tous les voyageurs qui partent sous les tropiques pour justement prévenir du paludisme. Les autorités l’ont trouvé tout d’un coup toxique après tant d’années. Il devient même interdit à tout médecin d’en prescrire. On a donc sciemment empêché des médecins de soigner, si cette molécule est efficace, des patients, au motif qu’il ne serait pas efficace, alors même que personne n’a jamais prouvé son inefficacité contre le COVID 19 à partir d’essais réels. Comment un état dit de liberté d’égalité et de fraternité peut-il empêcher un médecin de prescrire un médicament au seul motif qu’on serait hors du champ des maladies cibles visées lors de l’autorisation de mise sur le marché (AMM). Un peu comme si on interdisait le chocolat contre la dépression au motif qu’aucun laboratoire n’aurait démontré son utilité dans une telle pathologie. Quelle soit efficace ou non, personne ne doit avoir le droit d’interdire la délivrance d’une substance que personne n’avait qualifiée de dangereuse auparavant. Les détracteurs de l’hydroxychloroquine affirment qu’aucune étude sérieuse n’aurait démontré son efficacité. Pour eux cela suffit à en interdire la prescription et toute indication supposée et hors de l’AMM doit être écartée. On aurait pu le cas échéant en déconseiller l’usage par précaution, mais en interdire la prescription par des médecins de ville est un acte qui demandera sans doute des explications, car il est de nature à faire courir le risque d’une perte de chance de guérison si un jour on était en mesure de démontrer l’efficacité de la molécule, notamment en début d’affection. Pourquoi ne pas faire confiance au Professeur Raoult ? On a bien compris qu’il y avait deux camps, les pro et les anti-Raoult. Et leur conflit ne semble pas dater de cette pandémie. Certains articles évoquent un conflit ouvert sur la question de l’indépendance des laboratoires universitaires en termes de financement par certains laboratoires. On décide alors d’un grand essai thérapeutique nommé DISCOVERY (avec uniquement des français et un malheureux luxembourgeois égaré) pour faire croire qu’on autorise la molécule en ne l’administrant qu’aux malades en phase terminale et uniquement en milieu hospitalier, pour probablement montrer que la molécule est inactive alors que le Pr Raoult ne cesse de dire depuis le début qu’elle n’est efficace qu’en  début d’infection. Qui croire ? La seule chose que l’on sait c’est qu’à Marseille, selon Philippe Douste-Blazy, il y aurait infiniment moins de morts qu’à Lyon, ville comparable et qu’aucun pays sur cette terre, à part la France, n’a interdit la prescription par des médecins de ville. Tous les pays qui ont massivement utilisé cette molécule à titre préventif ont eu beaucoup moins de morts à déplorer. Manifestement des comptes se sont réglés entre médecins et les politiques ont été instrumentalisés par ceux qui voulaient en finir avec Raoult. On s’étonne que le Président Macron, qui s’est personnellement déplacé vers Marseille pour rencontrer la sommité internationale, n’ait pas tiré les conséquences logiques de ce que le Professeur Raoult a dû lui dire. Il n’a sans doute pas osé se poser en arbitre face aux anti-Raoult. Reste que certains médecins parisiens ne sont pas joints à cette entreprise et ont su défendre la logique pragmatique du chercheur Marseillais dont le nom évoquera pour longtemps le combat d’un résistant proche du peuple, un grand médecin, le général de Gaulle de la médecine.

La récente étude enfin publiée le 20 mars 2020 est une étude rétrospective qui confirme, selon Philippe Douste-Blazy, les dires du Pr Raoult, dans la mesure où elle confirme le manque d’intérêt de la fameuse molécule pour les cas avancés, voire même sa nocivité théorique. A cette étude qui comme le rappelle le Dr Philippe Parola (interviewé sur CNews le 26 mai par Pascal Praud) s’est faite sans que leurs auteurs aient vus un seul patient, ce médecin de l’hôpital marseillais de la Timone rétorque que le fait que l’étude du Pr Raoult ait été menée sans groupe placebo l’a été pour des raisons éthiques. En pleine crise on ne choisit les malades qui seront traités avec un médicament que l’on pense efficace et ceux qui seront traités par un verre d’eau, on ne peut adopter cette méthodologie quand il y a urgence. En médecine de guerre on sauve tout le monde avec les moyens du bord sans faire d’essais randomisés.

En outre le docteur Parola expose que l’étude rétrospective du Lancet ne semble pas démontrer que la molécule ne présente pas d’intérêt en début d’affection.

Un déconfinement pas trop mal géré

Le confinement aurait sans doute pu être annoncé plus tôt, même quinze jours plus tôt mais avec au moins deux ou trois jours de préparation, le temps que les restaurants cessent leurs approvisionnements, que certains parisiens rejoignent leur seconde résidence, que l’on puisse organiser la garde des enfants etc… que l’on achète des systèmes de ventilation pour les malades, que l’on réorganise plus tôt les hôpitaux et les cliniques privées. Oui il fallait sans aucun doute confiner du fait du manque de moyens hospitaliers pour éviter la saturation desdits hôpitaux, mais il aurait fallu le faire plus vite. On aurait surtout pu confiner moins longtemps avec plus de masques et plus de moyens.

Dans l’ensemble ce que révèle cette crise c’est que les économies fortes ont mieux résisté du fait qu’en économie forte les hôpitaux sont plus riches et donc également plus forts. A l’exception de certains pays du nord de l’Afrique qui ont tout misé sur la prévention et l’hydroxychloroquine. Ils ont été hyper pragmatiques, et ont subi moins de dommages que les autres. La France n’a plus la meilleure médecine du monde, c’est désormais devenu une évidence criante. Il faut oublier ce vieux cliché et tout repenser en faisant table rase du passé. 

6,7 euros de perdus pour 1 euro d’économie 

Il semble très pertinent de comparer les économies réalisées par une politique qui a consisté en l’absence de stockage de masques, de gants et de gel, cumulées aux économies opérées sur le dos des budgets alloués aux hôpitaux pendant 20 ans avec le coût global de la COVID 19.Budget annuel masques à renouveler tous les 5 ans (100 masques à 0,40 cts d’euro piècepar 50 000 000 de porteurs – enfants en bas âge non comptés) : 2 milliards d’euro. Auquel ilfaut ajouter les économies faites sur les budget de la santé : Budget réel annuel moyen deshôpitaux en France : autour de 80 milliards d’euro (Source ARS), si l’on suppose que le budgetannuel a été anormalement réduit de 20 %, l’économie réalisée s’est élevée à 20 % x 80 mdssoit la somme globale de 16 milliards d’euros par an. Ce qui porte l’ensemble des économiesopérées à environ 18 milliards d’euro sur une seule année.

Coût global de la COVID 19 : chute de 40 % de la capitalisation boursière du CAC 40, soit environ 40 % de 2 000 milliards, ce qui génère une perte de 800 milliards à laquelle on peut ajouter une perte de PIB sur 3 mois de l’ordre de 20 % (PIB annuel France 2418 milliards x 3/12 x 20 %), soit la somme de 120 milliards. 

Ainsi on a économisé 18 milliards pour en perdre 120 milliards… les allemands ont fait un autre choix, ils ont des hôpitaux capables d’accueillir 16 000 personnes en réanimation (nous 5 000 seulement) et ce en régime de croisière. Au bout de compte, étant dotés de masques et matériel de protection suffisant, et ce dès janvier, leur confinement a été nettement moins douloureux. Autrement dit les pertes économiques françaises ont été la conséquence directe des économies réalisées. Mais au global pour 18 milliards d’économies on en a perdu 120, soit 6,7 eur de perdu pour 1 eur d’économisé. Des économies de bout de chandelles on disait autrefois. La France a fait un mauvais calcul. Si tant est qu’elle l’est fait d’ailleurs. 

Vers une recherche plus orientée vers la thérapeutique et vers une refonte complète des hôpitaux

La recherche fondamentale de l’INSERM est primordiale, mais il faut désormais mettre l’accent sur la recherche thérapeutique sans se reposer sur la recherche privée des laboratoires, par nature au moins autant orientée par les impératifs mercantiles que par la recherche de l’intérêt général. 

Il convient également de décentraliser la recherche universitaire et de permettre à toutes les équipes de chercheurs d’opérer en toute liberté. Par de liberté, pas de découverte. 

Le Président Macron a déclaré une grande réforme hospitalière, un grand moment de son quinquennat. Tout est à repenser car rien ne fonctionne bien. Saura-t-il réfléchir seul en stratège et se départir de tous ceux qui sont susceptible de l’influence dans le mauvais sens. Seul le pragmatisme sauvera l’hôpital. 

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