Il est comme cela le fondateur de Lunettes pour tous. Libre dans sa tête, Paul Morlet ne parle pas pour ne rien dire (voir sur EntreprendreTV).

Lui, on ne la lui fait pas. A 31 ans, celui qui aurait pu rester cheminot de la Sncf, « Si je n‘avais pas démissionné au bout de deux ans, j‘y serai encore ».  Et quand, au détour d‘une phrase, il lance un petit signal d‘alerte sur le monde des financements et des startups, la musique devrait parvenir jusqu’aux oreilles de Nicolas Dufourcq, l’avisé patron de BPIfrance. Que dit-il ? « Si je n’avais rencontré Xaviet Niel à mes débuts, jamais je n‘aurai pu trouver les financements » (selon nos informations, le fantastique patron d’Iliad – Free a investi pas moins de 20 millions d’euros progressivement depuis le lancement de Lunettes pour Tous il y a 10 ans.)

 Dans le dispositif, il y a un trou dans la raquette. Aucun créateur d’entreprises aujourd‘hui qui recherche 50 k€ pour monter une menuiserie ou une fromagerie en province n‘arrive à trouver l‘argent … Pourtant, il vaut mieux initier 1000 projets à 50 K€ chacun plutôt qu‘un seul à 50 millions. Un vrai pavé dans la mare de la part d‘un entrepreneur de terrain adressé à la nouvelle économie startup qui est train de truster financements, dispositifs et médias. « C‘est une nouvelle aristocratie, il faut avoir les bons diplômes d’écoles de commerce et les bons codes dans les secteurs de la French-Tech, l’Intelligence Artificielle, les places de marché ou les services e-commerce. Si par malheur, vous êtes positionnés dans les marchés grand public, cela n’intéresse pas les fonds. » Rappelons au passage aux candidats à l’Élysée en cette période de campagne électorale, qu’il serait très productif d’autoriser un financement des nouvelles entreprises par la défiscalisation des investissements des particuliers comme cela se pratique aux États – Unis, avec le succès que l‘on sait.

« En plus, ces neo-entrepreneurs ne prennent guère de risques personnels. Avec les tours de tables, les salaires sont mirobolants et les week-ends préservés ». Anecdote au passage, quand Niel se rend récemment chez l’incubateur parisien Station F qu’il a fondé, il est surpris de voir qu’après 17 heures, il n‘y avait quasi plus personne. « Un entrepreneur, cela reste d‘abord un bosseur. Vous le savez, Robert Lafont, ce que cela signifie, vous avez créé votre groupe de presse de zéro. A ce propos, vous devriez rencontrer Moussa Camara, le responsable du mouvement  » les Déterminés » ; là ce sont des types qui poussent vraiment les entrepreneurs dans les quartiers populaires et les territoires ruraux. » Le rendez- vous va suivre.

Robert LAFONT

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