Assez frileux dans la crise, le président du Medef sent monter la pression des indépendants et redoute un tsunami économique ! Emmanuel Macron et Jean Castex doivent vite entendre le message du terrain.

Je ne sais pas si le patron des patrons a lu ou vu mon appel au président Macron à rouvrir rapidement les commerces, relayé sur entreprendre.fr ( 6 novembre dernier) et repris aussi par Sophie de Menthon, la présidente du mouvement Ethic, Croissance Plus et de nombreux sites d’information. Une chose est sûre, Geoffroy Roux de Bezieux est bien remonté à cheval. Et c’est heureux tant la situation des commerçants et indépendants devient délétère et ne peut entraîner qu’un effet de chaîne assez dévastateur sur l’ensemble de l’économie. D’ores et déjà, la baisse des commandes de 70 % enregistrée sur le marché automobile, suite à la fermeture des concessions, peut entraîner des fermetures de sites industriels. Ce n’est qu’un exemple sans parler des autres industries textiles, cosmétiques ou de l’ameublement…

N’hésitant pas à parler, dans un entretien au « Monde » (11/11/2020) de « tsunami économique si les magasins sont fermés en décembre », le président du Medef remet enfin les pendules à l’heure. Pour lui, dit-il : «  les entrepreneurs et indépendants ont besoin d’anticiper et d’espoir pour vivre. Il y a un risque que cette colère se tourne vers le gouvernement. » Au moins c’est clair, et c’est comme cela que les entrepreneurs aiment l’entendre le patron des patrons, qui, ces derniers temps, avait tendance à s’embourgeoiser, semblant donner plus l’impression de vouloir représenter les grandes entreprises que le pouls des petits patrons de terrain actuellement si malmenés.

La situation est trop grave pour ne pas être entendue par le gouvernement de Jean Castex, même si l’on sait qu’en interne de nombreux ministres, Bruno Le Maire, Alain Griset, où Roselyne Bachelot, sont déjà montés au créneau contre un tel confinement généralisé, technocratique., centralisé et sans nuances. Alors que le premier ministre semblait avoir été nommé précisément pour incarner l’état d’esprit inverse. D’où cette incompréhension face à la parole publique, qui comme l’ajoute le Medef « est très importante et le Stop-and-go dévastateur pour la confiance ! » La base des actifs et des entreprenants, sans avoir de perspectives, ne peut que broyer du noir !

Le rôle des mouvements entrepreneurs est certes de négocier avec les pouvoirs publics ou les syndicats mais il est surtout de relayer afin de peser sur l’opinion et les gouvernants, notamment lorsqu’il y a urgence À l’heure où beaucoup n’ont pas la culture ou les moyens de saisir ce qui se passe sur le terrain, les entrepreneurs doivent être d’avantage entendus. Ils devraient même être placés au centre de la décision gouvernementale tant la situation économique redevient centrale. Il est symptomatique de n’en voir aucun intervenir dans les grands médias télévisés notamment.

Les publications traitant d’entreprises comme La Tribune, Entreprendre, L’Usine Nouvelle, Challenge ou Les Echos, donnant la part belle au tissus industriel, semblent ignorées des grands médias et des revues de presse. La plupart du temps, des économistes dits « atterrés « souvent politisés, viennent décortiquer l’économie sous un angle théorique et sous le prisme des inégalités. Un sujet intéressant mais qui ne semble pas prioritaire par ces temps de crise économique et sociale.

Dans un tel contexte, dès lors que le patronat ne fait pas son job et laisse se poursuivre les débats sans essayer de peser d’avantage.; qui va défendre le petit commerçant, l’artisan, l’entrepreneur, la PME ou le free lance ? Personne !

Dans ces conditions, l’on ne s’étonnera pas que notre pays continue à rester le dernier pays développé à se colleter avec autant de prélèvements obligatoires, d’impôts et de règlementations ! Et être, dans cette période de crise sanitaire, celui dont le confinement est le plus dur, avec toutes les conséquences économiques et sociales que cela va engendrer. D’ores et déjà, nous allons accentuer le décrochage vis à vis de l’Allemagne, passant d’une récession de 9% en France à un peu plus de 7% pour la zone Euro !
Est-ce de cela dont nous avions besoin ?

Réagissons ! La France se doit de vite se remettre en ordre de bataille économique ! C ‘est l’intérêt du pays tout entier !

Robert Lafont

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