Neymar

Contre les Allemands, cela ne pardonne pas. La leçon de Lyon, en demi-finale aurait dû servir d’avertissement


Le jour où Neymar a perdu pied . Cela devait être son jour, il fut transparent durant cette finale, évanescent, pire décourageant y compris pour ses propres coéquipiers. La plupart du temps guide suprême ou boussole, quand l’artiste brésilien manque ses gammes, c’est toute l’équipe parisienne qui s’égare. Contre le Bayern, l’erreur du Paris Saint -Germain est d’avoir voulu refaire le coup de Leipzig : à savoir, bien défendre et procéder par contres. Sauf que cette fois, Di Maria et consorts n’ont pas su concrétiser leurs belles occasions, notamment en première mi-temps. À l’image de leurs devanciers lyonnais empêtrés dans la toile d’araignée bavaroise, les fines gâchettes de Paris ont tiré à côté, au-dessus, voire directement sur le gardien à l’instar de la plus belle occasion de Mbappé en face de l’étincelant gardien Neuer. Un portier de la quatrième dimension, qui trouve toujours le moyen de mettre une jambe même quand il semble battu. Hors normes, il a changé le cours de la partie même si, en face, Navas a été irréprochable !

Cela ne pardonne pas, contre les Allemands, quand vous ne concrétisez pas, les occasions, vous perdez . C’est mécanique ! Car le rouleau compresseur se met en marche au fil du match, et l’emprise finit par se faire sentir même du haut des tribunes pourtant désertées. Le but du français Coman, ex-Parisien de surcroît, ne fait pas plus plaisir que cela même s’il est venu concrétiser ce que l’on pressentait depuis de nombreuses minutes. Physiquement, les coéquipiers de Thomas Muller étaient en train de prendre le dessus, physiquement d’abord, dans le jeu ensuite, et psychologiquement aussi par voie de conséquence.
Depuis le début du match, l’ambiance était particulièrement pesante voire stressante . On sentait que la victoire allait se dessiner sur un coup du sort . Et puis aussi, le temps travaillait contre les Parisiens. Car, c’est bien connu, les artistes parisiens sont là pour éblouir et tout de suite. S’ils se font attendre, ils commencent, eux même, par se poser des questions et finissent à la longue par donner des gages à l’adversaire. C’est ce qui s’est passé ! Malgré la sortie en deuxième mi-temps du valeureux Boateng, la vieille garde du Bayern a fait front pour montrer finalement que nos héros du PSG n’étaient pas à la hauteur de l’événement.
L’erreur de l’entraîneur Thomas Tuchel, est de ne pas avoir compris que le PSG devait prendre le jeu à son compte et forcer la décision en premier faute d’être pris ensuite sous le laminoir munichois . Cela ne pardonne pas . C’est très exactement ce qui s’est passé !

L’entrée tardive en milieu de terrain du maestro italien Marco Verratti fournissait également un signal à l’adversaire que les Parisiens ne croyaient pas plus que cela en leur jeu d’attaque. En fin de match, l’entrée du « gri-gri « porte bonheur ( contre l’Atalanta Bergame en quarts de finales), Choupo-Moting achevait de prouver que le coach « boiteux « ( avec ses béquilles) ne misait plus que sur les dieux ou un éventuel coup du sort pour pouvoir revenir à la marque. Bien sûr, cela faillit se produire …mais cela aurait été un pur miracle comme Il s’en produit parfois en football . C’est pour cela que nous aimons tant ce sport . La joie des Allemands à la fin de la rencontre confirme qu’ils n’étaient pas à l’abris d’un tel retournement . La non-rentrée d’Icardi, avant centre émérite et recruté à prix d’or, signifiait aussi que l’on ne misait plus sur l’attaque de l’équipe ! Quel symbole relevé à juste titre, à la fin du match, par un Roland Courbis, l’ancien entraîneur jamais avare d’un trait de bon sens !

Alors que s’est-il passé avec Neymar pour que le joueur le plus brillant du tournoi soit mis ainsi sous l’éteignoir . Sa forme semblait éblouissante. L’entente avec ses partenaires paraissait au zénith, même si, dans les médias, on a un peu trop insisté sur ce « story stelling », le rapprochant un peu trop vite de l’esprit de cohésion des Bleus de Didier Deschamps lors de leur victoire en coupe du monde 2018 . La bonne entente entre joueurs est nécessaire mais elle n’est suffisante pour défaire la meilleure équipe d’ Europe, auréolée de 5 titres en Ligue des Champions . La ficellle était un peu trop grosse . C’est le jeu qui a manqué . Neymar est passé complètement à côté de son talent et rendez-vous. À croire qu’il avait autre chose en tête ! Allez savoir ce qui se passe dans la tête de ces nouveaux héros du ballon, de l’argent et de la gloire .

À 28 ans, Ils ont beau être béatifiés, ils n’en restent pas moins hommes et jeunes de surcroît . Me revient à ce propos la promesse du Brésilien aux pieds d’or au président Nasser de ne pas partir du PSG avant de pouvoir rapporter a la capitale le trophée aux grandes oreilles .Au stade de la Luz à Lisbonne ce 23 août 2020,, il en avait l’occasion unique . Il est passé complètement à côté de son match . C’était une condition avant de pouvoir être libéré vers d’autres cieux, le Réal, Barcelone voire pourquoi pas la Juve ou les USA . Allez savoir ce qui se passe dans le monde actuel du foot et de ses milliards, tout reste possible. Une chose est sûre, Neymar n’était pas dans son assiette ce dimanche . Et quelque chose me fait penser que seul un énorme transfert imminent le concernant a pu le faire ainsi sortir à ce point de son génie.

L’avenir le dira, car ce fut bien son pire marché disputé en bleu blanc rouge ! En attendant, reste à espérer qu’on attende pas encore 30 ans pour revoir un club français en finale de Ligue des Champions, comme on l’a fait entre 1976 ( St Etienne Bayern) ou en 1991 ( Marseille Étoile Rouge de Belgrade). Quelque chose me dit qu’on devrait vite revoir ce PSG en finale car la déception est trop forte pour que l’on puisse attendre longtemps. Un peu comme avec l’OM de Tapie qui, après la grosse déception de Bari,avait eu l’élégance de se venger, deux ans après, en 1993 contre le Milan AC de Berlusconi à Munich . Comme quoi, cette ville n’est pas toujours synonyme d’humiliation. Je ne fais pas allusion à la visite de Daladier et Chamberlain en 1938,vous  l’avez compris !
Vivement demain

Robert Lafont

LAISSER UN COMMENTAIRE

Tapez votre commentaire
Entrez votre nom ici

onze + treize =