Déjà, et sans attendre la voiture autonome de Tesla, Apple, ou Renault ; on ne conduit plus ou presque. On suit Waze ou Coyote (pour rester made in France !).

Pour tout d’ailleurs, il suffit désormais de se conformer aux instructions des géants du net. À force de tout faire par digital, on va devenir fou ! Vous allez voir que bientôt, pourquoi pas, des petits malins vont nous proposer de déjeuner par numérique. Il suffira de prendre une pilule. Adieu nos grands chefs Georges Blanc ou Jean- Michel Lorain  ? Non, je n’y crois pas un instant. Arrêtons de plaisanter, la gastronomie,  c’est du sérieux, on est en 2022.

Et s’il y a bien un vœu à formuler pour cette année imprévisible , Covid oblige, c’est de renouer un tant soi peu avec la vraie vie. Oui, vous savez celle des contacts réels, des déjeuners, du sport, des échanges inopinés, bref de cette spontanéité humaine parfois si surprenante qui fait que la vie reste la vie.

On ne va pas se contenter de vivre par procuration en visitant le château de Chantilly uniquement sur grand écran même avec Stéphane Bern. D’ailleurs, ce dernier l’a bien compris pour son propre compte, et il est retourné vivre, comme le raconte Journal de France ce mois-ci, dans son petit village du Perche à Thiron-Gardais près de Nogent-le-Rotrou. Pas plus perché qu’un autre Stéphane, seulement dans sa bourgade de quelques 1650 âmes, ce n’est pas son écran smartphone mais bien son boucher ou son boulanger en vrai qui vont pouvoir lui adresser quelques mots chaque jour.

Rien à voir avec l’amabilité des réseaux sociaux. Cela s’appelle la vraie vie et cela n’a pas d’équivalent. Métavers (metaverse en anglais) ou réalité augmentée peuvent aller se rhabiller même s’il est avéré actuellement que tous les cadors du net en Californie sont en train de rejoindre les start-ups de la réalité augmentée à coup de milliards de dollars, comme ils savent le faire là-bas, pour s’investir massivement sur ce nouveau veau d’or. Évalué déjà à 31 milliards de dollars en 2021, selon un rapport de Strategy Analytics, le marché du métavers (technologie immersive d’internet)  devrait exploser à 280 milliards de dollars dès  2025.

C’est déjà demain et  Mark Zuckerberg en fait même le cœur actuel de la stratégie de Facebook qui s’appelle désormais « Méta » avec un investissement annuel de 10 milliards de dollars sur le métavers. On pourrait dire la même chose pour Apple, Snapchat ou Gameloft précisément. On n’arrête pas le progrès. Il n’empêche, cela va rapporter gros mais nous éloigner aussi encore un peu plus d’un certaine réalité humaine. Un peu comme le fait la PMA avec la maternité, ce qui, au passage, ne semble n’émouvoir plus personne. Il n’est pas trop tard pour revenir aux choses simples de la vie comme dirait le cinéaste Claude Sautet.

Sans renier en quoique ce soit les avantages liés au progrès technique, est-on obligé d’ en accepter toutes les avancées, même quand elles marquent des reculs pour nos existences ? Ce monde est-il encore dirigé ? Si c’est le cas, ce ne semble plus l’être par des hommes comme vous et moi. À moins que la complexité et l’enchevêtrement des décisions ait tout emporté sur son passage. Soyons fous, faisons semblant d’y croire. C’est l’époque des vœux et des espoirs.

Robert Lafont

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