Axel Vilaseca et Robert Lafont

La PME créée en 1835 a su muter à presque chaque génération.

Et si le génie pour un dirigeant était de savoir accompagner voire précéder les grandes tendances de la société. Prenez le groupe Chapat, petit carrossier devenue Pme familiale ( qui en est à la cinquième génération ), fondée en 1835 à Béziers pour produire et vendre des charrettes et des carioles.

Avant-guerre,première évolution : le groupe réussit comme l’un des premiers distributeurs de vélos.
Ensuite, à la faveur des trentes glorieuses, il évolue et devient un des leaders de la distribution motos ( Yamaha, BMW, Honda, Triumph,Japauto, Patrick Pons…) sans oublier l’auto (Kia,Jaguar, Honda ..). Avec 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, 250 collaborateurs et 14 magasins, le groupe de Courbevoie (92) continue sa mutation tranquille. Sans drame ni rupture, comme si cela faisait partie de son ADN.

Ce matin, au Congrès Porte d’Auteuil à Paris. Axel Vilaseca m’annonce sans forfanterie « vouloir devenir le premier distributeur de scooters électriques partagés. » (voir son interview sur EntreprendreTV). Troopy, la nouvelle offre d’autopartage de scooters 100% électriques du groupe Chapat, vise directement celle de Cityscoot. Avec 2000 scooters électriques déployés sur Paris en 2023, et un objectif de 7 M€ de CA dès la première année, Troopy veut essaimer partout en France et se positionne déjà à Nice ou Bordeaux. Cela risque d’aller assez vite.

Le partenariat avec Yamaha fonctionne à plein : « un réseau de franchise Troopy pourrait être développé au sein même du réseau Yamaha «. Et d’égratigner au passage Marc Simoncini, l’entrepreneur vedette des vélos made in France Angell : « si cela n’avait pas été porté par lui, cela fait longtemps que le projet aurait
capoté.  Ce qui prouve son mérite … ».

Vilaseca ne fait pas de cadeaux. Il est vrai qu’il vient d’inaugurer avenue de la Grande Armée une nouvelle concession de motos électriques ZeBécane dédiée aux motos électriques Zéro Motorcycles. A 59 ans, Axel Vilaseca n’est pas à un paradoxe près. Et d’expliquer avoir fait une école d’ingénieurs, l’Estaca au lieu de l’Ecole Vétérinaire , parce que son père pensait que c’était mieux pour lui succéder a la tête de l’entreprise. 35 ans plus tard, ce passionné de nature et de treks m’ explique être heureux de pouvoir faire muter le groupe « vers des engins de mobilité électrique non bruyants et non polluants. » Et quand on lui parle de location, il s’enflamme : « La nouvelle génération veut consommer sa mobilité sur un mode Netflix : partage, échange, location, disponibilité. »

Tout est dit. Les temps changent et de plus en plus vite. Les entreprises doivent suivre et même précéder. En partant, Axel me suggère de lancer Moto Electrique Magazine au lieu de vouloir publier Moto Sport Magazine. En avance, c’est plus fort que lui.

Robert Lafont

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