Souvent, les grands groupes en se désengageant ou en arrêtant certains projets, donnent d‘excellentes idées à d‘autres qui les poursuivent ou les prolongent ! Après tout, dans le secteur des médias, Alain Weill n’a-t‘il pas lancé et repris BFM radio et RMC que parce que son employeur, Jean -Paul Beaudecroux fondateur de NRJ, n’avait pas voulu le suivre dans ses projets de développement.

C‘est un peu la même chose qui arrive dans le secteur aéronautique avec Jean Botti. Ce dernier était Directeur de l’innovation d’Airbus (de 2010 à 2016) chargé de la division E-Fan, préparant la sortie d‘appareils tout électriques , jusqu‘à ce que l‘avionneur européen ne mette fin brutalement au projet (alors qu’un premier vol avec un appareil électrique eût bien été réussi au dessus de la Manche en 2015!). Une décision que ne put se résoudre à accepter notre dirigeant qui avec toute son équipe avaient mis tout leur cœur dans le projet . « Je veux remettre la France dans son leadership électrique et aéronautique « annonce t’il déjà fièrement l’ambitieux ingénieur Arts et Métiers au moment d’annoncer sa décision de lancer dès 2017 à Royan, VoltAero, la jeune pousse qui produira Cassio, les premiers avions électriques made in France.

Le créneau est porteur. Les modèles seront petits (4 à 10 passagers), propres et silencieux. Le mode de propulsion sera hybride électrique, utilisant aussi bien des biocarburants que l‘hydrogène. Ils pourront voler à 370 km/h avec un rayon d’action de 1300 km. L‘équipe de VoltAero a pu s‘appuyer sur le réseau de fournisseurs et de sous-traitants d‘Airbus. Au plan commercial, les petits avions Cassio misent à plein sur les besoins de desserte régionale mises à mal actuellement par les abandons de liaisons ferroviaires ou aériennes. Un formidable levier de désenclavement qui tombe à pic au moment où on n’a jamais autant parler d’aménagement du territoire.
Cassio vient déjà de recevoir une commande de 50 avions de la compagnie américaine Kinnect Air qui commercialise des vols à la demande sur smartphone !

Tous les voyants sont donc au vert pour le nouveau constructeur aéronautique tricolore qui mobilise quelques 70 milliards d’euros sur cet ambitieux projet avec des partenaires de poids déjà acquis tels Safran, Solution F ou Aéro Composites Saintonge (ACS). La Commission européenne a déjà dit oui sur des financements dans le cadre du plan de soutien à l’aéronautique pour ce qui concerne l’avion zéro émission. Bpifrance, et Nicolas Dufourcq, pourraient également se laisser séduire d’autant plus qu’une nouvelle usine est programmée en Nouvelle Aquitaine pour 2021. On sait que le dynamique président de région, Alain Rousset, met tout son poids dans la balance pour faire de son territoire(après une première annonce de la création de l’usine de dirigeables à hélium Flying Wales à Laruscade en Gironde) celui des projets aéronautiques innnovants. C’est bien parti !

Quand une entreprise abandonne un projet, regardez-y à deux fois, il y a sûrement quelque chose à poursuivre et entreprendre quitte à y changer quelques paramètres.

Robert Lafont

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