La taxe carbone sur les matières premières va-t-elle détruire notre industrie automobile ?

Carlos Tavares (Stellantis) Photo : Eliot Blondet/ABACAPRESS.COM

Attention aux fausses bonnes idées. En ce moment, l’idée en vogue, poussée par les théories et lobbys dits écologistes, de vouloir instaurer une taxe carbone sur l’importation des matières premières et non pas sur les produits finis à l’entrée de l’Europe pourrait se retourner contre les intérêts de nos industriels.

Pour Jacques Aschenbroich, président de Valeo (équipementier de 17,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires avec 110 000 collaborateurs dans le monde dont 15 000 en France) : c’est même une hérésie. Dans un entretien accordé à notre confrère Les Échos, il ne mâche pas ses mots à l’encontre des Européens : « Une telle taxe serait une machine à détruire l’industrie européenne. Le constructeur automobile français ou allemand qui importe de l’acier payera ainsi plus cher son acier alors que le constructeur chinois qui exporte une voiture ne subira pas cette taxe… »
Les apprentis sorciers de la politique écologique pourraient- ils là aussi faire plus de mal que de bien, en d’autres termes mettre un coup d’arrêt à nos groupes industriels automobiles en laissant une voie royale aux constructeurs chinois. Ce n’est pas une mince affaire.

Rappelons que 220 000 salariés travaillent en France dans l’industrie automobile. C’est d’autant plus dommageable que pour le président de Valeo : « les constructeurs européens sont toujours dans la course. Les Chinois n’ont pas d’avance technologique mais bien une avance en terme de volumes …avec une énergie bien plus compétitive et aussi un accès à des matières premières comme les terres rares. »
Tout est dit ou presque !
Carlos Tavares, le Directeur Général de Stellantis (Peugeot, Fiat, Opel, Citroën, Jeep…)  a rappelé de son côté une autre aberration en matière de réciprocité à savoir que « l’Union Européenne continue de taxer à hauteur de 10% les constructeurs automobiles chinois, alors que Pékin fixe à 25% ses droits de douane… » Et ne parlons pas des nouvelles taxes américaines en préparation sur les véhicules électriques importés. Va-t-on laisser faire ?

L’économie n’est décidément pas affaire de dogme mais de pragmatisme. Les chefs d’entreprises qui réussissent le mieux ne sont-ils pas souvent de grands opérationnels sur le terrain. Que nos politiques s’en inspirent un peu …

Robert Lafont

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