La reconnaissance de l’Huitre de Normandie est-elle un symbole de notre reconquête économique ?

C’est un détail qui n‘en est peut-être pas un !

Le cas des huîtres de Normandie s’apparente un peu à celui des pommes de terre en Picardie et de nos produits agricoles en général, voire de l’industrie du bois dans son ensemble. Un symptôme persistant qui voit nos producteurs vendre trop leurs matières premières au lieu de rechercher à commercialiser des produits à valeur ajoutée.

C‘est vraie pour l’industrie et aussi pour nos produits agricoles. Ainsi, beaucoup de nos pommes de terre  sont vendues brutes à des groupes internationaux, qui font leurs marges ensuite en les revendant sous forme de frites surgelées ou de chips. Dans ce secteur, l’essor  notable du breton Bret‘s est un exemple à suivre.(lire Entreprendre 360). Dans l’industrie du bois, idem, nous devrions d’avantage chercher à transformer notre bois à l’instar des meubles Gautier en Vendée voire de Grange ou du prestigieux distributeur Roche & Bobois (également propriétaire de Cuir Center).

Actuellement, aucun secteur, à commencer par le secteur automobile, ne semble échapper à cette recherche de valeur ajoutée sur le segment premium. À une époque de mondialisation des marchés, c’est la planche de salut pour l’industrie française.

En autorisant le label Huître de Normandie, l‘Institut National de l’origine et de la qualité (INAO), tel qu’annoncé par le président de la région Normandie, le dynamique Hervé Morin, donne un coup de pouce décisif à la production des conchyliculteurs normands et à une filière économique de 320 exploitations et 3600 emplois directs.

Le président des conchyliculteurs normands, Thierry Helie installé à Saint- Vaast-la-Hougue (50), l’un des bassins les plus prestigieux, n’a pas tardé à se réjouir d’une telle reconnaissance au moment où beaucoup des 25 000 tonnes d’huîtres produites en Normandie (Saint-Vaast-la-Hougue, Utah Beach, baie des Veys, ou côte de Nacre…) sont expédiées en Charente-Maritime voire en Gironde pour être reconditionnées sous des noms prestigieux comme la fameuse Gillardeau.

En s’appuyant sur un label certifié de qualité (en attendant celui de l’IGP – indication géographique protégée- qui ne devrait intervenir qu’en 2023), les ostréiculteurs de l’huître normande vont pouvoir d’avantage commercialiser sous leur propre blason leurs huîtres qui jusqu’à présent étaient à une forte proportion rétrocédées à leurs confrères de Marennes Oléron par exemple. En garantissant origine et qualité, l’huître de Normandie va pouvoir rayonner bien au delà de Honfleur ou de Paris.

Un exemple à suivre pour l’ensemble de nos produits agricoles. Tant nos consommateurs semblent demandeurs de produits régionaux et sourcés à l’instar du Craquelin de Saint-Malo ou du Calisson d‘Aix-en-Provence.

Robert Lafont

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