S’il est de bon ton de critiquer la Chine, Donald Trump allant jusqu’à mettre en doute le géant TikTok (appli de partage de mini vidéos, 100 millions d’utilisateurs américains, propriété du chinois ByteDance), l’accusant ouvertement d’être devenu un réseau d’espionnage au service de Pékin. Sans aller jusque-là, remarquons que l’Empire du milieu peut constituer une magnifique base d’expérimentation grandeur nature, préalable à un lancement industriel.

C’est précisément ce qu’a fait une PME de la région parisienne, Stil (5 millions d’euros de CA), basée à Vaux-le-Pénil, en Seine-et-Marne, qui, à la faveur de la crise sanitaire, vient de décider de rapatrier sur le territoire une bonne partie de la fabrication de ses thermomètres, jusque-là fabriqués en Chine. Inutile de dire que pendant un temps, la production hors frontière à bas coût de ces instruments de mesure médicaux a permis à Stil de conquérir des marchés avant de pouvoir en rapatrier la production dans l’Hexagone comme aujourd’hui !

Eovolt a atteint les 5 millions d’euros de chiffres d’affaires

Une stratégie astucieuse qui peut s’appliquer au cas des nouveaux entrepreneurs. Prenez le cas d’Eovolt, la petite pépite française du vélo pliant électrique. Lancée par deux jeunes Sup de Co Tours, expatriés en Chine, Baptiste Fullen et Lucas Chevalier, qui s’aperçoivent en revenant en France fin 2019 qu’il n’existe pas sur le marché d’offre commerciale « pour un vélo électrique transportable en train et facile à ranger ». L’idée est partie de là. Les deux acheteurs spécialistes du e-commerce rameutent leurs correspondants chinois. Eovolt est né comme cela à Bourges, où la jeune pousse commencera par faire assembler tous les éléments du vélo pliant en provenance de fournisseurs chinois dûment sélectionnés.

En un an, les deux amis arrivent à lever un million d’euros auprès d’un pool bancaire (CIC, Bpifrance…), et de bouche-à-oreille, l’engouement est au rendez vous. Les modèles Eovolt plaisent. En moins d’un an, la jeune pousse du Cher, installée dans un entrepôt de 750 m², tout un symbole dans la ville de Jacques Cœur (le fortuné marchand qui, au XVème siècle était devenu plus riche que le roi de France, Charles VII qui en fit son grand argentier), atteint les 5 millions d’euros de chiffre d’affaires avec 17 salariés. Mais la croissance étant au rendez vous, les deux dirigeants d’Eovolt annoncent leur aménagement prochain dans une nouvelle usine de 2400 m2 à Gênas, près de Lyon et de son aéroport Lyon-Saint-Exupery, pour produire un vélo entièrement « made in France ».

La boucle est bouclée ! Et si la Chine servait de rampe de lancement pour nos nouvelles entreprises industrielles du futur ? La French Fab sera-t-elle sauvée par le vaste atelier du sud-est asiatique ? Avouez que cela ne serait pas la moindre des surprises de la nouvelle donne économique de la mondialisation qui se dessine. On n’est plus à un paradoxe près !

Robert Lafont

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