Kering : un retour en beauté dans les parfums ?

À 60 ans, François-Henri Pinault paraît désormais sûr de son fait et de sa stratégie. Oubliées les diversifications hasardeuses dans le sportswear et le lifestyle, comme en 2007 avec le rachat de la marque allemande Puma. Désormais, le fils de Francois Pinault a retrouvé la main. Place à l’optimisation de son portefeuille de marques. D’autant que les griffes de luxe à céder ne sont pas légion sur le marché. Récemment, Francois-Henri Pinault a ainsi failli surenchérir pour acquérir la marque américaine Tom Ford avant de devoir renoncer devant le prix jugé excessif, finalement payé 2,32 milliards d’euros par Estée Lauder, qui exploitait déjà la marque sous licence pour les fragrances.

Il y a certes encore de belles marques de prestige, y compris françaises (Poiray, Longchamp, Carven, Montagut, Vicomte A ?), qui pourraient être tentées de tomber, pourquoi pas, un jour dans l’escarcelle de Kering. Mais nous n’en sommes pas là. Pour le groupe breton, priorité est donnée à l’optimisation dans tous les domaines et notamment dans celui si rentable de la cosmétique. Même si le secteur reste solidement tenu par des géants comme L’Oréal, Coty, Procter, voire Clarins ou Puig.

D’autant que Kering ne serait pas du tout satisfait des ventes réalisées actuellement en parfums par ses deux principales marques. Et si Yves Saint-Laurent, cédée en 2008 à L’Oréal pour un milliard d’euros, n’est pas récupérable pour l’instant, il n’en est pas de même pour Gucci exploité modestement par Procter & Gamble. Au point que nombre d‘observateurs estiment possible pour Kering de pouvoir racheter d’ici 2O25 les parfums Gucci pour les exploiter et les développer en propre. Ainsi la branche parfums pourrait aussi s’essayer à exploiter en son sein d’autres marques extérieures, comme le fait avec talent le groupe français Interparfums qui exploite déjà la marque Boucheron pour le groupe Pinault et d’autres licences comme Lanvin ou Lacoste.

Interparfums, groupe indépendant présidé par l’entrepreneur Philippe Benacin, coté sur Euronext Paris, et sur lequel pourrait également lorgner Kering, même si aucun mouvement d’achat n’a été aujourd’hui été enregistré à ce jour.

La stratégie pour Kering dans les parfums consisterait à récupérer les licences de ses marques (Balenciaga, Bottega, Veneta…) actuellement concédées à Coty et d’y adjoindre Gucci, sa griffe leader mais qui n’est pas suffisamment mise à profit par Procter selon les dirigeants du groupe.

Les grandes manœuvres dans le parfum ne font donc que commencer pour Kering. Après avoir dû renoncer à ses tentatives de rachat dans l’horlogerie de luxe, notamment de la marque iconique Richard Mille, Francois Pinault veut récidiver dans la cosmétique avec la même stratégie qu’il a spectaculairement réussi à déployer récemment dans l’optique de luxe avec Kering Eyewear. Une filiale, détenue avec Richemont (Cartier) à hauteur de 30%, et qui réalise déjà un milliard d‘euros de chiffres d‘affaires avec un taux de croissance record de 41 % en 2021.

On comprend que Francois-Henri Pinault soit tenté de se mettre au parfum. N’est ce pas le propre des grands entrepreneurs que de sentir le vent…

Robert Lafont

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