Jean Guyon, Château Rollan de By, est devenu le premier viticulteur du Médoc presque par hasard !


Dans les affaires, travailler dans la durée et la passion restent des ingrédients essentiels !

Il a des idées sur tout et pour tous ! Entrepreneur, artiste, sculpteur, chasseur devant l’éternel, vigneron, décorateur, avec Jean Guyon, on ne sait plus ou donner de la tête. Marathonien, capable à 70 ans de traverser Paris à pied pour s’offrir un déjeuner au fameux bistrot « La Fontaine de Mars » qui fait courir le tout VII éme arrondissement (celui des diplomates et des politiques). Jeune, il a fait l’école Boulle, on lui disait : « fais attention quand tu dessines un meuble, après, il te faudra aussi le construire ! ». Dans la vie, c’est un peu pareil ! Et Guyon de rajouter : « les projets m’intéressent que si je suis à même de les réaliser ! ». L’inverse de l’homme d’appareil, il ne fait pas ses 70 ans !

Au départ décorateur d’intérieur, ce fils d’antiquaire parisien réussit à racheter un renommé cabinet d’ architecture intérieure, Claude Olivier-Merson (avenue de Friedland) sans en avoir les moyens financiers ! Ce n’est pas un problème. Guyon propose d’étaler le paiement sur 4 ans, convaincu entre temps de pouvoir doubler le chiffre d’affaires pour arruver à payer l’acquisition avec le profit ainsi réalisé ! Astucieux non !

L’homme ne manque pas de ressort ! En 1990, ce passionné de vin rachète presque sur un coup de dés, le Domaine du Château Rollan de By, un château en ruines en bord de Gironde avec deux hectares de vignobles en Médoc. 30 ans plus tard, il est à la tête de la plus grande surface viticole de l’appellation avec 185 hectares et 8 châteaux (12 millions d’euros de chiffre d’affaires et 49 salariés, La Clare, Tour Seran) Presque de quoi faire pâlir d’envie Bernard Magrez, le Bordelais aux 40 châteaux ! Ce qui ne l’empêche pas d’attaquer en justice le classement de l’ Alliance des grands crus Bourgeois du Bordelais instauré récemment : « l’idée est bonne, mais mal réalisée. Au lieu de s’auto-congratuler, ils auraient dû faire venir des sommeliers du monde entier, les laisser faire le classement à l’aveugle et en direct. Quelle pub au niveau mondial ! »

Un parcours splendide parachevé avec la rachat en 2017 d’un Saint-Emilion Grand Cru de 7 hectares, Chateau la Fleur-Pourret. Guyon qui est le premier vendeur de Bordeaux aux USA avec Chateau Greysac, le rachète aux Agnelli après avoir pu toper au cours d’une partie de chasse au faisan. Il est comme cela Guyon, quand il dit, après il fait. Il a repris sur le même mode après une rencontre dans une chasse une carrière de sable en Roumanie (4 millions d’euros de CA, 150 km2, 4 salariés). Ne lui demandez pas la rentabilité, le contrat d’exploitation est sur 20 ans, et chut, elle avoisinerait les 30 %.

C’est bien connu, les meilleures affaires se font souvent par hasard, au cours d’une partie de chasse ou sur une petite annonce d’un hebdomadaire régional. C’est en lisant par hasard un article dans Libération traitant des difficultés de Lorina que Jean-Pierre Barjon a eu l’idée de reprendre la célèbre limonade mosellane, C’est ce côté inattendu qui est sympa dans le business !

Robert Lafont

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