Francois de Closets

Tribune. J’ai vu Francois de Closets à la télévision. L’air réjoui avec lequel ce monsieur sort des énormités est une énigme. A l’entendre, il faut d’urgence rogner le patrimoine de ceux qu’il appelle par un néologisme anglo saxon , les seniors,  au motif qu’ils seraient des privilégiés, voire des égoistes au vu de la précarité qui affecte la jeunesse. Tout cela est dit sur un ton de tranquille assurance, sans qu’il soit souligné que la relative aisance des retraités auxquels il s’en prend ne doit rien au hasard, ni à une quelconque injustice mais au seul et méritoire travail qu’ils ont fourni et qui a déjà acquitté l’impôt et les taxes et ponctions en tous genres qui font de la France le champion du monde des prélèvements obligatoires.

Nul égoisme n’est à reprocher à ces malheureux qui ne sont que les victimes de la voracité publique. Et cela ne suffirait pas qu’il faille en rajouter ! Plus grave encore, s’il est à déplorer que les classes d’âge les plus récentes ne trouvent pas les rémunérations équivalentes à celles qui ont bénéficié à leurs ainés, il ne faut en chercher la raison que dans l’impéritie et l’aveuglement des politiques suivies par les gouvernements hallucinés qui se sont succédés pendant quarante ans, tant au regard de l’immigration qu’à celui de la dispendieuse et cambriolesque aventure des transferts sociaux.

De cette responsabilité là le gribouille oraculeux pré-cité ne parle évidemment pas, car il préfère jeter l’opprobre et son venin dénonciatoire au nom d’un pseudo égoisme générationnel qui n’existe pas. « Ah si j’était riche » comme le chantait Yvan Rebroff dans la comédie musicale Le Violon sur le toit. Hélas, il ne faut pas confondre la terre et le ciel et ce n’est pas en rognant les héritages que l’on enrichira la jeunesse.

 On fabrique de la pauvreté et de la détresse plus surement par l’accumulation des droits de succession et l’instauration d’une fiscalité immobilière confisquante alors qu’il faudrait faciliter à l’inverse la transmission patrimoniale des ainés aux plus jeunes afin de faciliter leur insertion dans la vie active. Je parle d’une vraie transmission en franchise d’imposition et pas du goutte à goutte auquel ce pouvoir méticuleux et ladre s’adonne depuis des générations sous l’influence des paresseux et des jaloux.

Il devrait aller de soi qu’il est naturel que les ainés aident leurs cadets plutôt que souhaiter que ne s’institue une assistance à ce que les jargonneux appellent le quatrième âge, terme douteux qui n’est pas autre chose qu’un réquisitoire au lieu et place d’une description fidèle.

Au lieu de taxer la transmission, facilitons la, ça évitera des pauvres. Aidés par leurs ainés les citoyens d’un monde idéal pourrons ainsi éviter le recours à l’emprunt dispendieux et habiter chez eux en contournant la ruineuse location chez l’autrui.

 Ils feront ainsi profiter leur progéniture heureuse, nombreuse et avisée des provisions de noisettes accumulées sans avoir eu recours à la charité publique.

Il y a eu une volonté idéologique de déracinement des populations de leur environnement naturel, provincial comme religieux, afin de les précariser et les remodeler. C’est cela qu’il faut aujourd’hui combattre afin de retrouver le trait de notre identité. L’arme de cette destruction  volontaire a été la fiscalité aidée par une pratique universitaire et scolaire de déstructuration des acquis, ce que l’on nomme la culture générale  chez les gens instruits et que la pègre des rues croit être un code social.

Enfin, par égard pour le grand Hergé  et dans le souci de ménager le siège qui fut un trône au temps du Général, je m’abstiendrai de tout commentaire sur le thème de Tintin au Rwanda.

Plus que jamais la France a besoin de la politique de Guizot, loin des rêves fumeux des Fourier Proudhon et autres Marxicules.

Quelle sera la voix qui saura le dire? Dans le brouhaha des effondrements sociaux qui occupe notre attention sur un fond d’assassinats et d’épidémies, comment ne pas songer aux vestiges de la Rome Impériale que dévastaient les hordes d’Odoacre ?

Il me souvient d’avoir lu dans ma jeunesse quelques jolies pages qui me prêtent à rêver aujourd’hui tandis qu’elles me reviennent. Attentif à la modernité, je me permettrai  de modifier quelque peu le titre de l’ouvrage que j’ai en tête pour faire écho aux rumeurs  qui ont balayé la presse ces dernières semaines. Maurice Barrès qui fut un maître pour de Gaulle autant qu’il inspira Malraux, Aragon et Montherlant a écrit en pleine crise du Boulangisme « L’appel au soldat ». Qu’est ce que ça donne au féminin ?

Jean-François Marchi

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