Jean-Claude Fontanive : « Le CAC 40 doit collaborer et propulser nos PME »

« Les grands groupes du CAC 40 devraient être des porte-avions pour nos ETI ou jeunes pousses. Au lieu de jouer les fossoyeurs ou les pilleurs de technologies… »  Le discours sans détour de ce lobbyste expérimenté, fondateur du cabinet NextSee, expert international des rapports Nord-Sud, sillonnant l’Afrique et le Maghreb depuis 30 ans, mérite d’être d’avantage écouté

Et de me donner, sous le manteau, l’exemple de cette start up de l’Isère qui, après avait remporté un magnifique appel d’offres lancé par l’administration pénitentiaire pour brouiller les portables des détenus, n’a pu honorer le contrat ensuite faute de financement. Tout cela parce qu’un grand groupe a fait pression sur une grande banque pour ne pas accorder le crédit et le fonds de roulement à la PME. Ce qui a permis au grand groupe dans la foulée de racheter à vil prix la prometteuse entreprise.

Comme si nos Énarques tenaient bien en coupes réglées notre tissu économique, et notamment la partie qui n’a pas accès aux ministères ou aux grands réseaux bancaires. On n’en est pas loin. Pour Jean-Claude Fontanive (voir son entretien sur EntreprendreTV) :  « Le modèle allemand fait ses preuves de ce point de vue à l’international. Comme outre- Rhin, Il faut chasser davantage en équipe et par filières. L’échelon régional est le bon. L’Etat ne mise et ne voit que les grands groupes. Un exemple, récemment, lors de la venue du premier ministre du Vietnam en France, Chinh Pham Minh, c’est moi qui ait organisé les rencontres avec les chefs d’entreprises ETI alors que cela avait été demandé par Hanoï. Vous voulez manquer une affaire à l’international, passez par Business France ».

Les mots sont durs. Je lui suggère de rencontrer au plus vite Franck Riester, un ministre actif et entreprenant. Il attend le rendez-vous !

Un bon exemple de ce que nos grands groupes peuvent générer. Celui de Dassault Aviation à l’occasion de son contrat historique de vente de 80 avions de combat Rafale lors du voyage d’Emmanuel Macron aux Émirats arabes unis. Éric Trappier, le PDG, n’a pas tort de parler à cette occasion de France qui gagne et de faire référence « aux 400 entreprises françaises qui, outre Safran et Thales, vont travailler pour ce contrat. » C’est un bon exemple de coopération. Arrêtons d’opposer grands groupes et PME. Travaillons et organisons d’avantage les partenariats croisés ef les mises en commun. Comment le fait Jean Burelle, formidable industriel de Plastic Omnium qui, une fois par an, organise sous l’égide du Medef des rencontres entre elles. Une fois par an : ce n’est pas assez. Notre haute fonction publique ne doit pas oublier que 80 % de notre économie est réalisée dans les PME.

Robert Lafont

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