Thierry Blandinières, le patron d’InVivo démontre qu’un grand dirigeant se doit de mettre du sens dans la stratégie de son groupe.

Thierry Blandinières devrait inspirer pas mal de nos grands patrons. A 60 ans, ce dirigeant de haut vol, nommé en son temps « Entrepreneur de l’Année » par le magazine Entreprendre, avait déjà à son actif le redressement de la maison Delpeyrat pour le compte de Maisadour.

Nommé ensuite à la tête de InVivo, premier groupe coopératif agricole hexagonal, ce Corrézien de 60 ans est train de lui faire prendre un virage salutaire. Sans parler de la mise en place rapide à partir de rien de InVivo Wine (240 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020 et qui vise les 500 millions d’ici 3 ans selon son dirigeant Frédéric Noyère) devenu, en quelques années avec une audacieuse politique de rachats le premier distributeur de vins français dans le monde, aux côtés de l’inamovible groupe familial Castel Freres (680 millions d’euros de chiffre d’affaires) du patriarche Pierre Castel qui l’a fondé en 1949.

Ce qui, au passage, permet à notre filière viticole de pouvoir disposer d’une filiale de distribution du vin à sa mesure, qui lui permet de peser davantage sur le marché international du vin devenu plus en plus concurrentiel. Sur un autre registre, le patron de InVivo, et c’est moins connu, est train avec ses trois enseignes de jardinerie (Jardiland, Gamm vert et Delbard) d’amorcer un tournant qui n’est pas sans intérêt non plus notamment pour la reconstitution de nos filières horticoles qui se sont sacrément dégradées ces derniers années au profit des grossistes néerlandais, plus puissants parce que mieux regroupés.

De quoi s’agit-il ? À écouter Guillaume Darrasse, directeur général d’InVivo Retail : « Il s’agit d’ arriver à proposer une offre dans ses magasins à 90 % française en 2025 contre 65% aujourd’hui… Pour la production de plantes d’intérieur, comme les orchidées, nous nous fournissons même plutôt à 35 % seulement en France car il n’y a plus assez de producteurs. « L’idée est bien de favoriser la reconstitution de filières de production tricolores sur le long terme avec des engagements et des contrats de 3 a 5 ans pour donner de la visibilité aux producteurs. Un effet d’aubaine intéressant pour nos nouveaux horticulteurs…


L’objectif est salutaire et a du sens. Il n’est pas sans rappeler ce que fait dans un un tout autre secteur, celui de l’ameublement, Emery Jacquillat, Hec de 49 ans, repreneur à Niort (Deux-Sèvres) de la société de distribution Camif et qui a mis son catalogue VPC totalement au profit des productions made in France « locales et durables ».

Tout cela n’est pas sans conséquence, d’autant plus par ces temps difficiles. À ce propos, je ne sais toujours pas si les les magasins Boulanger ont enfin accepté de référencer les PC Thomson computing, relancés avec maestria par l’entrepreneur Stephan Français. Mais il serait assez singulier que le leader français de la distribution informatique ne fasse pas de place à la dernière marque européenne, française de surcroît en la matière, d’autant qu’elle est déjà présente chez ses concurrents comme Fnac/Darty. Il n’y a plus de petites décisions. Chaque geste compte. Surtout celui des acheteurs B to B. À suivre.


Robert Lafont

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