Avant d‘être dans les faits, la crise est dans les têtes, surtout de ceux qui sont censés nous expliquer l’économie, mais sans mettre le pied dehors. En France avec tout l’argent déversé,cela devrait aller, on en apprend chaque jour ! Dernière subvention annoncée, celle de la filière aéronautique qui va pouvoir, et c‘est heureux, redécoller avec l‘injonction d‘un plan d‘aide de 10 milliards d‘euros !Une bonne chose, l‘industrie de l‘aviation reste un de nos atouts industriels majeurs,, allez voir du côté de Toulouse, outre Airbus, le nombre de sous-traitants qui y travaillent. L‘effectif du secteur aéronautique dépasse en France les 196000 salariés dont 47000 rien que pour Airbus. Le marseillais Daher devrait bénéficier d‘un PGE de 170 millions d‘euros. Ce n‘est qu‘un exemple.

La crise des cerveaux  en manque d‘ imagination et de projets, voilà le mal à combattre. C‘est l‘ennemi principal  qui nous guette. Voilà pourquoi il reste si essentiel de mettre en lumière ces entrepreneurs formidables qui sont en train de remuer ciel et terre pour repartir de plus belle.
Prenez, le fondateur de Devialet. Il a beau avoir donné naissance au plus beau label mondial de l‘enceinte Hifi made in France : cela ne suffit pas à son tableau de chasse. Comme tous les génies, son désir de créer s‘applique à bien des secteurs. Après une brève retraite dans sa chaumière normande de  l‘Eure, Quentin Sannié prend conscience du problème agricole (la moitié des terres arables sont dégradées) et fonde Greenback  avec une technologie sans équivalent pour mesurer la qualité des sols agricoles. Un débouché mondial pour créer la première agence de notation des terres agricoles qui intéresse déjà de nombreux fonds. On se bouscule au portillon pour financer le « Fitch de la terre agricole », et cela promet. « Personne ne peut t-empêcher d‘être qui tu veux! » à t-il coutume de rajouter. Bigre

Mais il n‘y a pas que les jeunes pousses numériques. Prenez un secteur plus traditionnel, celui de la bougie artisanale. L‘un de nos derniers fabricants, la petite affaire « Bougies de Charroux » ( 25 salariés, 7 M€ de CA) dans l‘Allier, près de Vichy, a profité du confinement pour se digitaliser. C‘est le fils du fondateur Pierre Corgnet qui s‘est colleté au job. Bien lui en a pris. En quelques mois, les « Bougies de Charroux » y ont investi quelles 200 k €, une somme pour une PME de leur taille. Bien leur en a pris, les ventes numériques représentent désormais la moitié des recettes, contre 8% avant. Du coup, champagne, l‘entreprise du bourbonnais ouvre un nouvel atelier de 1200 m2 pour produire 700 000 bougies. C’est la flamme qui repart pour ce couple d‘informaticien qui s‘était installé dans la région après avoir quitté la région parisienne en se lançant avec le rachat d‘un simple camping !

Dernier cas, celui du rugbyman Christophe Dominici, cité par Le Parisien du jour. À 48 ans, l‘ancien ailier international est un boulimique de la création. Je l‘avais rencontré il y a une dizaine d‘années, il avait ouvert plusieurs boutiques de mode à Sanary près de Toulon et lancé un rosé pétillant, un peu en avance sur la mode. Et maintenant, crise ou pas crise,il continue d’embrayer sur les projets comme si de rien n‘était.Apres avoir racheté en 2010 et fondé la maison Dominici son propre domaine vinicole dans l‘Hérault sur 132 hectares, le voilà qui presque sur un coup de dés, après une rencontre fortuite, se met en tête de reprendre le vénérable et prestigieux club de rugby de Béziers, le stade biterrois qui a fait rêver toute une génération du XV avec un Raoul Barrière, comme entraîneur, et un arrière aux jambes de feu Jack Cantoni. Et comme si cela ne suffisait pas. Dominici de mettre de l’eau dans son vin avec son projet de relancer des sources d‘eau minérale (L‘eau de la Reine à Castelnau-de-Brassac dans le Tarn et La Vie à Propiac-les-Bains dans la Drôme) tout cela après avoir constaté que les Chinois avaient un problème d‘approvisionnement en eaux minérales. La vie et les affaires,,c‘est simple quand on ne veut pas se la compliquer.“il faut faire ce dont on a envie et peu importe ce que l’ on fait“ explique ce boulimique d‘activités dont c‘est la mère de77 ans qui contrôle encore la comptabilité…
La crise est dans les têtes. Les entrepreneurs nous apprennent heureusement à voir les choses autrement et du bon côté. Ne lâchons rien !

Robert Lafont

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