Hopium relève le défi de l’automobile à hydrogène

Il suffit parfois peu de choses pour déclencher une vocation. Pour le fondateur d‘Hopium, c‘est l‘exemple d‘Elon Musk qui servira de déclic. Après un parcours échevelé de champion automobile, plus jeune champion des 24 Heures du Mans (catégorie LMP2), Olivier Lombard ne pouvait rester à 31 ans sur le bord de la route.

Ce besoin d’adrénaline : seul un grand défi entrepreneurial pouvait continuer à le lui procurer : « J‘avais besoin de prendre des risques, de surmonter des obstacles, trouver des solutions, s‘adapter en permanence… » explique-t-il aux Échos, même si tapi au fond de son rêve, sommeillait depuis toujours ce besoin viscéral d’entreprendre.

C‘est bien connu ; à cœur vaillant, rien d’impossible. C‘est la foi qui fait gagner. Aiguillonné par le succès grandissant de la Tesla, il crée en 2019 et de zéro la marque Hopium, pour devenir le premier constructeur de berlines à hydrogène. Le pari est relevé. Lombard n‘a ni l’argent ni les diplômes même s‘il a pu conforter ses certitudes lors d‘un bref emploi au laboratoire suisse GreenGT ; qui lui demande alors de travailler sur les bolides de compétition à hydrogène. La petite étincelle commence à s‘allumer d‘autant plus qu‘une Mission H24 est lancée dans la foulée pour faire concourir une voiture à hydrogène aux 24 Heures du Mans des 2024.


Tel un pilote de course, le fondateur d‘Hopium sent le vent tourner et met le pied sur l’accélérateur. En un temps record, il arrive à convaincre les premiers partenaires financiers. En quelques mois, il lève 18 millions d’euros avec plusieurs entrepreneurs comme Rachid Bakhtaoui, créateur d‘Easybourse, ou le nouveau Citizen Kane moderne, Pascal Chevalier, PDG de Reeworld média.

Dans la foulée, il fait coter la société sur Euronext Paris et sollicite l’appui de grands industriels. Et comme son Idole Musk, il arrive à convaincre pas loin de 200 ingénieurs de l’assister voire de le rejoindre. Saint-Gobain pour les vitres intelligentes, ou Plastic Omnium pour les réservoirs à hydrogène, sans parler de Bridgestone (dommage pour Michelin) collaborent également.  L‘aventure a de la gueule. La nouvelle Hopium Machina (présentée au salon Vivatech de Paris) impressionne déjà avec ses 230 km/h au compteur, sa puissance de 500 CV et une autonomie de 1000 km (pour un temps de recharge de 3 minutes).


Au plan commercial, les premières ventes ne se font pas attendre. Près de 1100 précommandes pour l‘Hopium Machina commercialisée au prix record de 125 000 euros quand même, sont déjà enregistrées.


Au plan industriel, le plus dur reste à faire. Pour être dans la course mondiale, Hopium devra pouvoir lever au moins un milliard d‘euros dans les deux ans pour pouvoir rivaliser avec les grands constructeurs. Et surtout pouvoir rapidement lancer sa première usine de production en France capable de produire au moins 12000 véhicules par an des 2025. Les territoires se bousculent (Hauts-de-France, Ardennes, Lorraine,…) et font déjà des pieds et des mains pour attirer sur leur sol cette nouvelle implantation industrielle de renommée que Bruno Le Maire soutient bien entendu.

Peut être un nouveau symbole du renouveau de l’excellence française industrielle  ? Après tout, en 1883, le constructeur français  De Dion- Bouton lançait à Puteaux (92) le premier véhicule à vapeur,  première voiture au monde. On peut rêver ; oui car rien de grand ne se fait sans rêve !

Robert Lafont

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