Geoffroy Roux de Bezieux est-il trop tendre ?

C’est la première fois qu’un patron du Medef ne demande pas de baisse d’impôts …

A 59 ans, le patron du Medef est dynamique et valeureux, tout le monde peut en convenir. Son parcours d’entrepreneur à succès (Virgin mobile, Notus Technologie, Oliviers and co, Le Fondant baulois, Nihola) plaide en sa faveur. Seulement depuis qu’il a pris la fonction de patron des patrons, on ne le reconnaît plus. L’homme a changé ; où est passé l’entrepreneur pressé prêt à tout chambouler ?

Prenez son dernier interview aux Échos (du 12 octobre dernier), c’est la première fois que je vois un patron des patrons ne pas demander une baisse de l’Impôt sur les sociétés (  » il est à un bon niveau surtout après l’accord mondial conclu à l’OCDE  » sic ), pourtant, l’IS à 31 % en France est encore plus élevé que chez nos deux principaux compétiteurs, 15,82% en Allemagne, 24% en Italie. Certes dans la même phrase, il prend soin de demander aussi une baisse des Impôts de production… tant l’industrie demeure un secteur stratégique à relancer, car entraînant tout le reste, Faut- Il lui rappeler pour autant que 80 % des entreprises françaises ne sont pas concernées par cet impôt.

Autre sujet qui interpelle, à aucun moment dans cet entretien, Roux de Bezieux n’évoque une baisse des charges sociales (26,6 % en France contre 16% en Allemagne). C’est pourtant un levier majeur et décisif pour relancer emplois et compétitivité. Inutile de rappeler que nous détenons le record du monde des pays de l’OCDE en la matière. Ce n’est plus tenable.

À force de fréquenter les palais ministériels, notre président du Medef s’est-Il embourgeoisé a ce point, ou est- Il victime du politiquement correct, celui des dirigeants du CAC 40, qui en France refusent d’aborder les sujets politique qui fâchent. C’est possible, c’est en tous cas

par trop visible..

Même s’il reprend à son compte, et c’est très bien, l’antienne d’une nécessaire remise à plat de nos dépenses publiques (« il est extrêmement regrettable de ne pas profiter d’une croissance de 6% pour changer notre modèle budgétaire »), c’est à pas feutrés qu’il le fait.

Le tissus économique qu’il est censé représenter a besoin, dans le schéma idéologique français anti – productif, (même si c’est en train de changer grâce à Montebourg, Zemmour ou Pécresse) d’un représentant de combat plus que d’un communicant  modéré et sans saveur.

S’il avait besoin d’un modèle, le dirigeant de l’organisation de l’avenue Pierre 1er de Serbie gagnerait à s’inspirer de l’excellent discours actuel d’un Denis Payre, le fondateur de Business Objects, actuel candidat des entrepreneurs  aux primaires de LR du 4 décembre prochain. Un candidat au demeurant dont aucun grand média ne parle excepté notre magazine Entreprendre.

Geoffroy n’oublie pas d’où tu viens et qui t’a fait roi ! Ce sont les entrepreneurs. C’est dans leur direction qu’il faut aller aujourd’hui.

Pour la petite histoire, rappelons ici que le Medef continue de percevoir de la part des pouvoirs publics une belle subvention de quelques 13 millions d’euros par an en moyenne au même titre que les autres syndicats CGT ou CFDT qui eux sont subventionnés à hauteur de quelques 20 millions en moyenne selon les années.

L’histoire ne repasse pas deux fois les même plats. C’est maintenant qu’il faut redresser le pays, surtout avec 6,2 % de taux de croissance annuel et des taux d’intérêts bas.

Robert LAFONT

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