Franck Morel (Zone Bourse) continue de cultiver son indépendance

Les acteurs libres de la presse financière sont moins nombreux qu’on ne le croit. Après tout, Les Echos, Challenges et Investir font partie de la galaxie LVMH de Bernard Arnault qui vient juste de racheter le magazine Mieux Vivre votre argent. Capital et Business Insider appartiennent maintenant à Vincent Bolloré (Vivendi). Boursorama est détenu par la Société Générale. Finalement, seul Robert Monteux, inamovible patron du Revenu, semble résiste à la vague des concentrations.

L’intérêt avec les financiers, c’est qu’ils vont à l’essentiel. Droit au but : celle de la dernière ligne du compte d’exploitation et du niveau d’endettement. Combien, vous gagnez ? La question est facile à poser. Elle intervient souvent en début d’entretien. On gagne du temps. Le hasard fait parfois bien les choses. Le matin, je revoyais Thomas Blard, l’ancien responsable des marchés financiers sur TF1 reconverti en banquier d’affaires à la tête de Titanium Partners, structure créée avec son compère Laurent Blaizac (voir sur EntreprendreTV) après un passage de patron d’une Web TV, Décideurs TV.

Thomas ne s’embarrasse pas de formules. Un peu à l’image de Franck Morel, le fondateur du plus grand site boursier indépendant français. Lorsqu’il lance Zone Bourse en 2001 à Lyon, Morel est un pionnier. Après l’ISEG et un DECF, il gère déjà cinq portefeuilles. Ses clients peuvent suivre à la lettre ses recommandations et en toute transparence : « Nous investissons nous-même sur les valeurs que nous préconisons. » L’inverse des politiques : « Nous faisons ce que nous disons, nous disons ce que nous faisons. »

Adepte du Screening (criblage, en Français), Zone Bourse classe et répertorie un maximum de performances et de ratios financiers, mais en final, c’est le cerveau humain qui décide. Le patron de Zone Bourse aurait pu suivre le parcours d’un eToro, une pépite financière, leader mondial du trading social, véritable pompe aspirante basée à Tel-Aviv, en Israël. « Sauf que nous ne sommes pas à Chypre et que nous pouvons pas miser sur la transparence totale et indiquer, comme ils le font, les investissements de Xavier Niel ou de Bernard Arnault.« 

A 44 ans, ce passionné de ski parle sans états d’âme. Sa belle PME de conseils boursiers ne connaît pas la crise avec 7 millions d’euros de chiffre d’affaires, 40 collaborateurs et quelques 1,5 millions d‘euros de profits annuels. On se bouscule même à son capital. Du groupe Dassault, de Frédéric Kampschoer (l’un des fondateurs de DNCA), jusqu’au discret Patrick Combes (Viel & Cie, Bourse Direct, Swisslife…) et Prorealtime et Eximium. La fine fleur du capitalisme financier cohabite sans heurts dans les différentes structures de contrôle de Zone Bourse, dont la Financière du Lac.

Zone Bourse coule des jours heureux au bord du Lac d’Annecy et continue son parcours d’indépendant de la finance : « Certains cherchent bien à nous racheter », évoque, gourmand, cet entrepreneur élancé et vif à la brasserie des fans du PSG, Les 3 Obus, porte de Saint-Cloud (voir sur EntreprendreTV). Récemment, Blard lui a fait rencontrer Alain Weill, le gourmand patron de L’Express, qui cherche à se diversifier sur les services : « Un homme charmant au demeurant, sûrement intéressant, mais qui ne parle pas assez pour être intéressé ! »

L’habituelle prudence du monde de la finance. Finalement, l’ancien patron de RMC-BFM, reconverti en hôtelier de luxe du côté de Saint- Tropez, à La Croix-Valmer (83) au Lily of The Valley, semble peut-être plus heureux à contempler les vagues de la mer Méditerranée qu’à scruter les soubresauts des marchés financiers. La Bourse, c’est génial et surtout quand cela monte !

Robert Lafont

LAISSER UN COMMENTAIRE

Tapez votre commentaire
Entrez votre nom ici

quatre × 2 =