Par Pierre Gattaz

Tribune. Le chômage de masse, qui oscille en France entre 8% et 10% depuis une vingtaine d’années, semble désormais une fatalité pour bon nombre de nos dirigeants politiques de tout bord, et parfois même pour nos concitoyens.
Grave erreur pour notre pays. Triste erreur pour nos concitoyens.
Dans le dernier ouvrage que j’ai écrit, « le cœur et le courage », j’y explique en termes simple que le plein emploi est non seulement un défi possible à l’horizon 2030, mais qu’il est aussi vital pour notre nation.

Possible, car nous avons déjà démontré qu’une dynamique de création d’emplois est réalisable dans notre pays. Rappelons-nous que, sous les sarcasmes et les quolibets, nous avons bien réussi à créer en 5 ans, le fameux million d’emplois dont j’affichais fièrement l’objectif sur mon fameux pin’s, et qui était conditionné à la mise en œuvre de réformes sociales et fiscales, en partie réalisées par Manuel Valls et Myriam El Khomri sous François Hollande, puis par Edouard Philippe et Muriel Penicaud sous Emmanuel Macron.

Une partie des réformes ont été menées, la confiance est revenue, le million depuis à été créé en 5 ans, entre 2014 à 2019, pour faire tomber le chômage de 10% à 8%, chiffres Insee à l’appui. Premier pari gagné.
Nous avons donc créé 1 millions d’emplois en 5 ans . Nous pouvons donc créer 3 millions d’emplois en 10 ans , pour atteindre le plein  emploi , soit 4% de chômage.
Possible, car tous nos voisins de l’est et du nord de l’Europe, ont réussi ce pari : la Tchèquie est à 2% de chômage, la Suisse à 3%, l’Allemagne, l’Autriche, la Hollande, le Royaume-Uni ou les pays Scandinaves, entre 4 et 5%… tous au plein emploi ou presque.

Possible car quand on veut, on peut (le million d’emplois en est la preuve). Et que la Fravce n’a jamais vraiment tenté un tel défi qui nécessite avant tout de dépolitiser l’économie, de faire confiance aux entreprises, de relancer une dynamique entrepreneuriale de création d’entreprises, et d’écouter les patrons, les employeurs, ceux qui créent les emplois.
Une ambition vitale pour nos concitoyens, car il n’y a rien de plus désespérant que de rester au chômage longtemps, ce qui peut entraîner délinquance chez nos jeunes et déchéance chez nos anciens.

Vitale pour donner liberté, espoir et fierté à nos concitoyens et à nos jeunes par le travail.
Vitale pour apprendre un métier et vérifier la citation du sage Lao Tseu  : « Donne un poisson à un homme et tu le nourriras une journée ; apprends lui a pêcher et tu le nourriras toute sa vie ».

Vitale enfin car les réformes nécessaires pour relancer cette dynamique, seront bénéfiques pour toutes et tous, même dans la vie quotidienne : libérer et simplifier le marché du travail, rendre compétitive nos entreprises, simplifier notre bureaucratie, accélérer sur l’apprentissage et les compétences dont nous avons tant besoin, tuer la peur d’embaucher en France, réduire la complexité, et attirer durablement tous les investisseurs du monde entier…Quand on a un probleme de plomberie, on appelle un plombier.  Quand on a un problème d’emplois, il faut faire appel aux employeurs, les écouter et leur faire confiance. Et depolitiser l’économie et l’entreprise. C’est ce qu’ont fait tous nos voisins qui ont réussi.
Mais pour cela, il faut du cœur, le cœur de s’attaquer à un sujet de désespérance de nos concitoyens qui ne se résoudra que dans la durée, souvent au-delà d’un simple mandat politique. Et du courage, celui de porter des réformes qui seront parfois mal comprises car caricaturées et déformées.

Je reste persuadé que c’est un sujet crucial pour notre pays, pour nos jeunes et moins jeunes, car au travers de l’emploi, ce sont aussi des valeurs qui sont véhiculées, celles du respect, de l’accomplissement, de la fierté, et qu’au travers de ce sujet, on réglera, au moins en partie d’autres de nos maux, la sécurité, l’intégration des personnes immigrées, l’ambition de l’Europe et de notre pays.
Du cœur et du courage !

Pierre Gattaz est président du groupe Radiall, une ETI spécialisée dans les composants électroniques, qu’il a mondialisée et transformée. Il a porté, pendant son mandat de président du MEDEF (2013-2018) un combat assumé pour la croissance et l’emploi.
Il est depuis juillet 2018, président de BusinessEurope, l’organisation qui fédère les patronats européens.
Il est l’auteur de l’ouvrage Le coeur et le courage paru aux Editions Eyrolles

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