Stephan Français, fondateur et Directeur Général de GROUP SFIT (Thomson Computing)



Juste retour des choses après tout, compte tenu du niveau de prélèvements obligatoires exercé sur notre appareil productif, 47,5% du PIB selon Eurostat, soit 5,7 points de PIB de plus que la moyenne des pays de la zone Euro.

J’ai fait un rêve. Celui que nos administrations et collectivités locales se mettaient, comme un seul homme, au service de nos entrepreneurs et du made in France. Et non pas l’inverse ! À la guerre comme à la guerre, avec le déficit commercial qui est le nôtre (71 milliards d’euros au premier semestre 2022) ; nous n’avons guère le choix. C’est presqu’une révolution culturelle qu’il nous faut engager notamment dans la tête des responsables de nos agents publics. Me reviennent en tête les propos de mon ami Stephan Français, l’extraordinaire relanceur des PC Thomson Computing (vieille marque industrielle tricolore), devenu Metavisio avec 63 millions d’euros de chiffre d’affaires, qui ne dit pas autre chose. Une administration comme celle de l’Éducation Nationale pourrait faire de sa jeune firme un leader mondial de l’informatique à l’image de l’américain Dell.

Lorsqu’il a évoqué le sujet avec Agnès Pannier Runacher , la ministre de l’industrie de l’époque (elle est maintenant chargée de la Transition énergétique) ; celle-ci s’est défaussée ; lui demandant combien il avait d’usines en France ? Feignant d’ignorer, ce que tout le monde sait ; à savoir qu’Apple avait commencé par sous-traiter sa production à des établissements installés dans le Sud-Est asiatique. Malgré cela, Stephan Français, qui a fait plusieurs fois la une du magazine Entreprendre, continue d’accélérer. Il vient de lever 5 millions d’euros et est désormais côté, (à l’instar d’Entreprendre Lafont presse) avec Metavisio sur Euronext Growth.Avec ou sans appuis, sa longue marche ne fait que commencer.

L’entrepreneur Gregory Trabaol, fondateur d’Easybike pourrait abonder dans ce sens. Avec ses cyclomoteurs électroniques Solex (fabriqués à Saint-Lô) ; il pourrait équiper nombre de policiers voire de postiers. Idem de Renault ou Peugeot avec les brigades de gendarmerie ou de Le Slip français pour les sous-vêtements de nos forces armées. Les exemples peuvent être multipliés même s’il faut respecter les procédures d’appels d’offres…
Heureusement, beaucoup d’élus, voire certains agents publics commencent à s’en préoccuper. Hervé Morin dans la région Normandie où Alain Rousset dans la région Nouvelle Aquitaine ne sont pas les derniers dans ce combat du made in France.

Prenez le célèbre chocolatier de la Loire, François Pralus, installé à Roanne (26 M€ de chiffre d’affaires, 162 salariés et une vingtaine de boutiques) qui déclare dans Les Échos vouloir investir sur des exploitations de cacao à Madagascar pour répondre au vœu du président Macron de produire un chocolat 100 % français.
Tout cela est sympathique mais n’apparaît guère à la hauteur des enjeux.

La mobilisation générale doit être actée et dans tous les secteurs de l’économie. Et ce sont l’ensemble de nos collectivités publiques qui doivent aussi se demander ce qu’elles peuvent faire pour soutenir la commande et les débouchés des produits fabriqués sur leurs territoires. À commencer par les cantines scolaires ou municipales mais pas seulement.

A Clamart (92), un jeune entrepreneur, Olivier Paccalin vient même de lancer avec succès lesitedumadeinfrance.fr, un site marchand recensant 50 000 produits made in France. Avec toutes les expositions, foires organisées par les collectivités publiques, nos acteurs privés qui fabriquent en France pourraient également disposer d’espaces ou de stands de présentation et de vente pour leurs productions.

Reprenant en cela ce que dit l’entrepreneur Gilles Babinet, également co-président du Conseil national du numérique,  je le cite :  « Le talent des entrepreneurs sont des forces premières que l’État ne doit pas précéder, mais bien seconder. » Jamais vérité n’a été aussi urgente. Bruno Le Maire en semble conscient.

Robert Lafont

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