Un parcours d’exception que nos médias devraient valoriser à l’instar du Figaro Magazine ou d’Entreprendre. Notre pays devient de plus en plus un pays d’entrepreneurs même si bien de nos medias jouent encore à contre-emploi !

Pour une fois qu’un de nos grands journaux , en l’occurrence Le Figaro magazine , met en avant l’une de nos plus belles réussites d’entrepreneur , celle d’Emmanuel Besnier . Un jeune dirigeant qui en l’espace de 20 ans a transformé la petite laiterie fondée par son père a Laval en Mayenne en géant international des produits laitiers , devenant le treizième  groupe alimentaire mondial ( Danone étant huitième ) avec 86000 salariés et un chiffre d’affaires de 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires tout en restant entièrement contrôlé par la famille .Ce qui , dans le capitalisme français , devient rarissime . Le clan mayennais  est à la tête de la onzième fortune professionelle du pays .
Un parcours exceptionnel que certains de nos confrères se sont évertués à ne présenter que sous un angle négatif. Au magazine Entreprendre, nous avons souvent consacré des sujets à cette formidable saga même si son dirigeant rechignait jusqu’à présent à répondre aux interviews . C’est en train de changer  tant il a compris que s’il ne parlait pas , d’autres le feraient à sa place   .
À ce propos , j’avais moi même mis en doute l’intention de la reine  du journalisme d’investigation , Elise Lucet . Notre consœur  se croyant tout permis dans son émission «  Envoyé Spécial «  d’octobre 2016 , l’interpellant  sans ménagement sous couvert de «  service public » et de « filmages intempestifs » . Élise m’avait ensuite répondu par sms interposé , évoquant notamment  sa «   déontologie « . Pourquoi pas  , même si cela n’autorise pas tout . Jeter l’opprobre sur un grand dirigeant  parce qu à l’époque ce dernier  ne publiait pas ses comptes ou payait des fournisseurs  en retard , est pour le moins disproportionné . Le journalisme d’investigation ne consiste pas à tirer sur tout ce qui bouge , c’est aussi faire preuve de pondération et d’équilibre !

Certes , il y a des problèmes et des insuffisances , mais quelle entreprise n’en a t’elle jamais eu  ? A part certaines administrations , qui elles ont tout le temps et la ressource garantie sans objectifs  chiffrés à remplir.  Et encore ?

Il est encore temps de changer de culture et pouvoir montrer et médiatiser d’avantage  les parcours méritants ou les aventures économiques audacieuses , celles  qui réussissent dans notre pays . Nous le faisons , pour notre part , chaque mois dans le magazine Entreprendre , même si  nous nous sentons parfois seuls y compris , et c’est plus surprenant, dans la presse économique . Le Figaro magazine a bien raison de rappeler dans son reportage de 6 pages que le parcours du patron de Lactalis marque sans doute l’un des plus grands succès du capitalisme familial à la française .Un succès story comme le rappelle notre confrère , « qui aux États -Unis aurait fait depuis longtemps la une de Time « . Chez nous,  L’Express ou L’Obs n’ont parlé du géant mayennais qu’à la faveur des crises du prix du lait  ou de celle de la salmonelle sur le lait en poudre  . En revanche , pas un mot sur le nombre d’emplois créés ou les devises rapportées à notre balance des paiements .C’est passé par pertes et profits , ce qui est le cas de le dire . À moins que  cela ne cadre pas avec une certaine idéologie dominante . Tant il est vrai qu’Emmanuel Besnier qui n’a pas fait  l’Ena mais l’ISG , qui  a développé son groupe sans réseaux  ou aides de l’Etat , ne cadre pas vraiment avec ce que l’on tente de nous faire croire .  Un fait suffisamment rare pour être souligné . Depuis ses débuts , Lactalis aura fédéré et repris plusieurs centaines d’entreprises locales ou à  l’international telles le géant italien Parmalat , et cela s’est fait sans effet de manche . «  Le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit « comme on l’enseigne dans les bonnes écoles catholiques de l’ouest de la France dont est issu notre discret et pragmatique patron qui continue de diriger l’empire avec son frère et sa sœur  et des services centraux et un staff managérial réduit au minimum .
Décidément , tout cela ne cadre pas avec ce qu’on entend beaucoup .  «  Salauds de patrons «  préfére -t’on titrer , c’est bien plus vendeur . C’est le titre d’un film largement médiatisé sur l’un de nos autres entrepreneurs d’excellence mondiale , Bernard Arnault, le président de LVMH . Que serait notre pays sans l’apport de ces chefs d’entreprises d’exception. Parfois , il vaut mieux ne même pas se poser la question…

L’évolution des mentalités , on le voit avec nos jeunes entrepreneurs, pour redonner à notre pays le goût et l’audace de créer , est en cours. Il est sûr que malgré bien des obstacles fiscaux, réglementaires et aussi médiatiques , rien dans ce domaine comme dans d’autres , n’est jamais irrémédiable .
Robert Lafont

1 COMMENTAIRE

  1. Article aussi peu objectif que le reportage d’Elise Lucet… A quand un vrai journalisme impartial ? Oui une réussite, mais à quel prix ? Il serait intéressant de regarder le montant des aides européennes que touchent Lactalis dans le cadre de la PAC, ainsi que l’esprit de servage moyen-ageux des producteurs de lait. Quid de la salmonelle chez Célia, les choses ont elles vraiment changé ?

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