L’avenir le dira, mais il faudra peut être tresser, un jour, de sacrés lauriers à Bruno Le Maire d’avoir bloqué in extremis le rachat de Carrefour par le canadien Couche-tard.

D’abord, parce que se faire racheter par plus petit que soi n’est jamais glorieux en général. Ensuite, parce que le géant français de la distribution reste un facteur de souveraineté économique non négligeable sur le marche intérieur mais aussi à l’international avec près de 43 milliards de dollars de chiffre d’affaires réalisé hors-frontières. Un chiffre conséquent, même s’il est encore loin des 120 milliards de dollars de l’américain Walmart ou des 75 milliards d’Amazon.

Tous les spécialistes le savent et le disent, à commencer par le patron du syndicat français des distributeurs, Jacques Creyssel, qui prévient que l’e-commerce représentera demain 25 % du marché contre 15 % aujourd’hui. Pour lui, il faut aller vite car la menace d’un commerce mondial bientôt dominé par quelques plateformes digitales géantes est imminente.

De la même manière qu’il a mis tout son poids dans la balance pour accorder les points de vue entre Suez et Veolia, notre ministre de l’économie ne pourrait-il pas, face à ces nouveaux risques de domination économique et commerciale, prendre l’initiative de pousser à l’éclosion d’un géant français du e-commerce pouvant réunir sur une même plate-forme digitale à la fois Carrefour, mais aussi Auchan, Intermarché, Casino ou Leclerc ? Quitte à se servir de Cdiscount (groupe Casino) par exemple, et à l’ouvrir aussi aux allemands Aldi ou Schwarz Group.

Ne recommençons pas dans le commerce digital les erreurs commises face à la montée des réseaux sociaux et l’avènement des GAFA que l’Europe a laissé envahir le continent sans aucune riposte ni barrière. Avec l’état de totale dépendance numérique auxquels nous sommes désormais soumis !

Il n’est pas trop tard, et si le gouvernement français ne le fait pas, ne comptons guère sur Bruxelles pour le faire.

Robert Lafont

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