Départ des entreprises françaises de Russie : Zelensky est-il crédible ?

Zuma Press Wire Service/ABACAPRESS.COM

Pour qui roule Volodymyr Zelensky ? Présenté par la plupart des médias occidentaux et américains en particulier comme le nouveau de Gaulle ou Churchill, le jeune acteur ukrainien devenu à l’âge de 41 ans à la surprise générale en 2019 président de l‘Ukraine, continue de susciter l’admiration de tous.

Un unanimisme tellement obligé qu‘il en devient presque suspect. Désormais, à chaque fois qu‘un candidat à l’élection présidentielle est interrogé sur France Info ou France 2, le rituel est systématique ; on le somme, passage obligé, d’affirmer une « admiration » sans borne pour le nouvel héros de la guerre d‘Ukraine. Certes, son courage et son franc-parler incontestables forcent le respect. Cela étant, avec le temps, certaines voix et non des moindres commencent à venir ternir ce tableau idyllique et cette version par trop unilatérale que certains semblent vouloir propager à l’envie.

À commencer, par le sérieux Directeur du Centre français de Recherche sur le renseignement, Éric Denécé, docteur en Science Politique, qui interviewé par Matthias Inbar sur la chaîne I24 news a délivré des propos compromettants à l‘encontre du chef d‘Etat ukrainien, bien loin de tout ce que l’on entend généralement depuis un mois de la part de la classe politique et médiatique occidentale, à savoir : « Je suis choqué par la propagande de Zelensky. Cet homme qui n’était qu‘un comique il y a quelques années et qui est soupçonné d‘avoir blanchi 40 millions de dollars, est en train de devenir une icône. On se trompe sur lui. » (sic).

Des propos étayés par le Directeur du Centre français de Recherche sur le renseignement qui les a réitérés sur CNews le 27/3/2022 face à Ivan Rioufol. D’ici à faire de Zelensky un dirigeant manipulé entre les mains du camp occidental ? Certainement pas, d’autant que l’invasion russe demeure une faute inqualifiable et que la souffrance du peuple ukrainien est inadmissible. Mais faut- Il continuer à pousser pour autant aux va-t-en-guerres permanents comme le font certains faucons occidentaux zélés comme Bernard- Henri Levy, voire le président américain Biden lui-même lorsqu’il qualifie lui-même Poutine de « boucher ».

Ce n‘est pas en insultant son adversaire qu‘on prépare le mieux la paix. Le président Zelensky, au-delà de toutes ses qualités humaines, doit arrêter de jouer les boutefeux même s’il continue d’être ovationné par les différents parlements européens lors de ses visioconférences. Ainsi, ses appels permanents aux boycotts des produits français (Leroy-Merlin, Auchan, Décathlon) semblent d‘autant plus excessives que la France reste, via le président Macron, en première ligne pour trouver des solutions au conflit, tant humanitaires (corridor de Marioupol) que diplomatiques.

En outre, en cas de départ de leurs filiales en Russie, nous groupes (Renault, TotalEnergie, Lactalis, Danone, Air Liquide …) feraient le plus grand des cadeaux financiers à Vladimir Poutine qui a d‘ores et déjà indiqué qu‘ils seraient, dans cette hypothèse, nationalisés contre rien. Est vraiment cela que l’on recherche ? Enrichir le maître du Kremlin.

Robert LAFONT

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