C’est passé un peu inaperçu. Si tout le monde a bien parlé de l’investissement colossal décidé par l’Allemagne dans son arsenal militaire, 100 milliards d’euros, bien peu ont remarqué que cette nouvelle donne militaire se faisait indépendamment de toute stratégie européenne coordonnée. Un camouflet pour les tenants de l’Europe confédérale qui pour l’instant se contentent d’attendre les premières décisions du chancelier Olaf Sholz.

Le premier achat de 35 avions de chasse F-35 américains par la Bundeswehr, ne les a certes pas rassurés alors que l’avion français Rafale de Dassault présentait des performances au moins équivalentes. Sans même parler de la compatibilité avec l’arsenal nucléaire atlantique… qui reste un vrai sujet.

Un de nos correspondants allemands, Emmanuel Ostmeier me fait remarquer des détails que la presse française n’évoque assez peu. À savoir que dans les faits ; le pli est bien pris, et que l’armée allemande a depuis longtemps fait le choix de l’alliance prioritaire avec l’Amérique. En l’occurrence, je cite : « La défense allemande est de fait assurée par les forces américaines stationnées dans le pays. Les pilotes allemands, donc les décideurs de la Luftwaffe, sont tous formés aux États-Unis. Les Allemands ne disposent pas d’entreprise nationale capable de construire d’avion de combat de la 4éme, 5éme ou 6éme génération toute seule. Ici comme en France, les intérêts du pays, ceux de l’Allemagne passent avant ceux des Européens. Donc le parapluie américain est tout simplement plus confortable et sans doute plus intéressant… »

Arrêtons de nous voiler la face ! Une défense européenne souveraine est pour l’instant un leurre, et le chantier immense…

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