Il y a décidément en France une quantité inimaginable d’organismes et d’institutions assez formidables qui œuvrent, dans l’ombre ,pour des causes aussi essentielles que l’est par exemple celle de l’industrie. Prenez la vénérable Société d’Encouragement pour l’industrie nationale, cette société savante créée par Bonaparte en 1801, est déclarée d’utilité publique sous Louis-Philippe.

Sur l’initiative de l’historien Jean-Luc Caddedu, je rencontre au restaurant Chez Françoise (la cantine des politiques sous les Invalides à Paris) son président Olivier Mousson, un malouin pur sucre passé par Hec. Notre homme est taillé pour le poste. Plus jeune, il a le premier fait une thèse sur la robotique industrielle.

Véritable croisé de la relance industrielle, ce prof à Dauphine, qui a été également membre du cabinet de Gérard Longuet au ministère de l’industrie, est convaincu que la relance ne se fera que sur le terrain. C’est son credo : « Nos terroirs ont besoin d’être irrigués par les ingénieurs et les jeunes diplômés. Demain, je serai à Forbach. Ce n’est qu’un exemple. La French Fab lancée par la Bpifrance va dans le bon sens. La relance de l’apprentissage aussi, mais il faut vite refaire des maths une discipline prioritaire. Car nous ne redeviendrons pas un grand pays industriel si nous ne plaçons pas cet esprit d’innovation dans toutes nos PMI »

Sur le sujet Olivier Mousson est intarissable (écouter son interview sur EntreprendreTV). Le modeste budget de la Société d’Encouragement, à peine plus d’un million d’euros, ne l’empêche pas de multiplier les initiatives. Son splendide Hôtel particulier situé 4 place Saint-Germain-des-Prés sis à côté de celui de Louis Vuitton lui permet de rayonner dans un quartier si prisé, celui de l’édition et des bistrots parisiens. Pour renforcer ses finances, Chausson s’est résolu à louer à Costes le rez-de chaussée pour y ouvrir un magnifique restaurant La Société.

L’industrie ne réussira décidément pas sans un minimum d’esprit commerçant. Conseiller Maître à la Cour des Comptes, Olivier Mousson m’explique que, contrairement à une idée reçue, plus de la moitié des recommandations émanant de l’institution présidée par Pierre Moscovici, est de fait mise en application par le gouvernement. Cela méritait d’être dit.


Il m’indique son projet de créer prochainement, a l’instar du Comité Colbert pour le luxe, un comité Chaptal pour l’ensemble de notre industrie française. Du nom de ce grand chimiste qui, à Valmy, a sauvé la Nation en inventant la poudre (il dirigea en 1793 la fabrique de poudre de Grenelle). Tout un symbole. C’est assez explosif pour la suite.

Robert LAFONT

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