Jacky Lorenzetti, fondateur de Foncia et propriétaire du Château Pédesclaux

Les candidats au rachat de parcelles de vignobles se multiplient pour le plus grand bonheur des spécialistes en transactions viticoles. Et les entrepreneurs ne sont pas en reste.

Ils veulent du grand air, du sens, du concret, sans oublier la passion. Toutes les professions sont concernées par cet attrait envers la vigne qui ne date pas d’hier, mais semble s’être accentué ces dernières années. Les chefs d’entreprise en particulier, car acheter un domaine, ce n’est pas qu’une affaire immobilière, il s’agit aussi et surtout d’une aventure qui réclame de vraies compétences, agricoles qui plus est, donc aléatoires, et dont la rentabilité est rarement rapide.

C’est le portefeuille qui conditionne les achats, ce qui explique que des terres comme le Languedoc-Roussillon attirent les petits budgets grâce à des prix accessibles, aux environs des 20 000 euros l’hectare, mais le Val de Loire, ou le Bordelais (hors grands crus) sont également plébiscités. La majorité des transactions sont d’un montant variant entre 1 et 3 millions d’euros, mais cela reste très variable.

Stars et milliardaires font le buzz

On ne compte plus les acquisitions de domaines ou terres viticoles par de grands noms de la planète économique ou du cinéma. Après Angelina et Brad, on peut citer François Pinault ou Bernard Arnault en Bourgogne notamment, Pierre Gattaz dans le Lubéron, Matthieu Ponson dans le Ventoux, Gérard Depardieu, mais aussi Christophe Lambert, Luc Besson ou tout récemment Stanley Kroenke, milliardaire américain, propriétaire de l’équipe de football d’Arsenal et aujourd’hui du prestigieux domaine Bonneau du Martray.

Stéphane Courbit craque pour Estoublon

Les Baux de Provence sont une région magnifique, dont le Château d’Estoublon est un des symboles. Ernest Schneider (les montres Breitling) avait acheté cette propriété en 1999. Début 2020, son gendre et sa fille Valérie Reboul-Schneider, ont cédé la propriété à Stéphane Courbit, et à la famille Prats, bien connue du secteur. Le magnat français de l’audiovisuel et des jeux en ligne diffuse depuis lors ses vins dans les hôtels de luxe qu’il possède en Savoie, à Saint Tropez ou à Gordes, ainsi que dans ses brasseries Big Mamma.

Il a d’ores et déjà mis en place place de grands projets pour restructurer le vignoble, l’outil de production, mais aussi les jardins et tout l’aspect œnotourisrique, sans oublier l’oliveraie de 120 hectares dont la surface va augmenter. Une huile d’olive bio AOP qui contribue au rayonnement du domaine avec l’obtention de trois nouvelles médailles d’or cette année aux concours de London International, Athena International et Japan Olive Oil Prize.

Le Breton Gérard Jicquel en Haut-Médoc

L’homme est assez peu connu, pourtant cet entrepreneur breton a fait fortune avec le groupe SAMSIC, leader des services intégrés aux entreprises avec 3 milliards de CA. Il quitte le groupe en 2018, non pas pour une retraite tranquille, mais pour développer une autre activité, dans l’hôtellerie-restauration haut de gamme. On ne se refait pas ! « Beautiful Life Hotels » gère aujourd’hui une dizaine d’hôtels haut de gamme dans l’ouest de la France. L’homme a aussi une passion pour le vin, et le Haut-Médoc en particulier. Il y a deux ans, il achetait Fourcas Dupré, un château de 47 hectares, pour lequel il a mis en place de grands travaux.

A peine deux ans plus tard, il récidive, cette fois-ci avec le château d’Agassac, vendu par Groupama. Distants d’une vingtaine de kilomètres, les deux nouvelles acquisitions du chef d’entreprise sont assez similaires en matière de surfaces et de positionnement en matière de prix du vin, ce qui devrait permettre de dégager des synergies pour la commercialisation des 500 000 bouteilles déjà en production. A noter que son ancien associé dans le groupe SAMSIC, Christian Roulleau a lui aussi investi dans le domaine viticole avec le rachat du Château Dauzac à Margaux.

Le boulimique Jacky Lorenzetti

Le fondateur de Foncia a beau avoir vendu son entreprise il y a presque quinze ans aux Banques Populaires, cela n’a pas été pour ralentir son rythme de vie, bien au contraire. Il a ainsi multiplié les activités, que ce soit dans le rugby, l’événementiel ou le vin. Mieux vaut se le dire, cet autodidacte hyperactif ne s’arrêtera jamais. Entreprendre fait partie de son ADN. Avec le rachat du cru bourgeois Château Lilian Ladouys, puis du cru classé Château Pédesclaux à Pauillac, l’homme investit, agrandit, construit, les travaux prennent des années dans le cadre d’une stratégie de développement à long terme.

Jacky Lorenzetti s’associe ensuite à Emmanuel Cruse dans le château d’Issan à Margaux, dans le même temps, sa femme et sa fille le poussent à oser une production biologique, changement lourd en terre océanique. Et maintenant le président du Racing met la main sur le célèbre cru de Saint-Estèphe, Lafon-Rochet. Une acquisition de plus de 100 millions d’euros qui en font l’un des plus grands opérateurs de la rive gauche de Bordeaux. Magique !

A.F.

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