S’il y en a un qui aime « faire » comme dirait Valérie Pécresse, c’est bien Jean-Louis Borloo. A l’image des entrepreneurs qu’il a longtemps côtoyé (de Tapie, Bolloré, Pinault ou Coencas) l’ancien ministre de l‘Écologie a toujours fait et lancé tout au long de son parcours, des grands programmes d‘action qui ont changé la donne.

Une véritable marque de fabrique : redynamisation de la ville de Valenciennes, rénovation  des quartiers, création de l ‘ANRU Grenelle de l’écologie et aussi ne l‘oublions pas Grenelle de la mer. Un sujet essentiel pour un pays qui détient le deuxième domaine maritime mondial et dont l’universitaire Christian Buchet estime dans son livre programme Osons la mer  (le Cherche Midi) que c’est le vrai levier pour faire de notre pays « un leader économique mondial. »

Pourquoi pas d’ailleurs, le futur président ne devra pas l’oublier et relancer au plus vite aussi nos industries de la mer. Éric Zemmour en parle, Jean-Luc Mélenchon aussi, mais lui ce n’est pas possible. Borloo, lui, qui a déjà goûté aux délices et servitudes de la fonction ministérielle ne cherche désormais plus de postes à 71 ans mais à finir en beauté pour le bien commun.

Le départ tragique de son ami Bernard Tapie l’a beaucoup marqué : « On voit les grands à la manière dont ils s’en vont » m’avait-t-il confié il y a quelques semaines au détour d’une phrase. L’intérêt du pays semble être désormais son principal horizon (rien a voir avec Edouard Philippe). Il n‘en veut d’ailleurs pas plus que cela à Macron alors qu’il a été évincé comme un malpropre du plan Banlieues qu’il avait pourtant patiemment concocté. Un plan complet sur lequel Arnaud Montebourg voulait d’ailleurs largement s’appuyer avant de renoncer à sa candidature présidentielle, faute d’avoir su s’adresser, comme je lui avais personnellement conseillé, à savoir de s’adresser aux citoyens des deux rivées, gauche et droite réunies.

Borloo n’a pas fait cette erreur ; il est trop intelligent pour être définitivement rancunier, surtout à l’égard du président actuel, bien parti pour rempiler ? Et on remarque le soin que prend l’ancien ministre de la Ville à bien distinguer « le président d’avant les Gilets Jaunes et celui d’après. » Cela tombe bien son plan datait du début du quinquennat.

En cas de réélection de Macron, Borloo ne laisse pas carte blanche pour autant. Chat échaudé craint l’eau froide ! Et de bien préciser : « Dans les circonstances actuelles, je soutiens Macron ».
Son programme de reconstruction. Il l’a consigné dans un livre alerte et dynamique de 92 pages intitulé « L’ alarme » où l’ancien ministre avocat tire la sonnette d’alarme sur les grands sujets essentiels du pays. Pour lui, il est temps de « créer un conseil national de la République pour repenser de fond en comble l’organisation du pays aux pouvoirs complètement émiettés avec l’État, les régions, les agglos, les organisations paritaires… »

À l’entendre, Emmanuel Macron avec qui il s’est entretenu, n’y serait pas opposé. De bonne augure tant ces thèmes importants nous changent de la campagne actuelle avec son lot de mesurettes de candidats arcboutés à complaire à des clientèles. La politique dans ce qu’elle a de pire. Si Borloo redonne de l’air, attention, il ne laissera pas faire n’importe quoi. Pour lui, comme il le confie au Parisien (7/4/2022) : « Cela fait 30 ans que notre système public est désorganisé. Nous sommes arrivés au bout d’un système hybride dont il faut refonder les bases. Donner plus de pouvoir réel à la province pour gérer tous les sujets humains de proximité comme la santé, le logement, le social et laisser l’État se concentrer sur le régalien, la justice et l’équité. Sortir des doublons, des co-tutelles, des cofinancements et de la confusion. Dans ces conditions, je crois a notre redressement rapide. »

Tout est dit. Alors certes, notre trublion n’a plus de troupes politiques, il a démissionné de l’UDI, le parti qu’il avait créé. Mais son poids dans l’opinion demeure important et singulier malgré son retrait partiel de la vie publique.

Finalement Macron ferait bien d’en faire son principal conseiller. Cela changerait avec la cohorte de jeunes énarques carriéristes et sans prise avec le pays profond qui l’entourent et qui lui ont fait prendre tant de décisions sans objet. McKinsey ou pas d’ailleurs, Borloo reste un de ceux qui connaît le mieux le pays dans toutes ses composantes.

Et Il pourrait et devrait devenir le Sully du prochain Chef d’Etat. Que ce soit Macron, Le Pen, ou un autre du reste… Cela n’a plus d’importance. Au-delà des hommes, c’est le pays tout entier qu’il faut faire réussir et faire renouer avec la prospérité. Chiche !

Robert LAFONT

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