Emmanuel de Rohan Chabot, fondateur du site ZEturf

Avec le rachat de ZeTurf, pour plus de 200 millions d’euros, la FDJ met la main sur 21% du marché global des paris hippiques et se renforce sérieusement, avec ZEbet, sur les marchés en croissance des paris sportifs et du poker en ligne.

Il doit être satisfait Emmanuel de Rohan Chabot, le fondateur du site ZEturf, d‘avoir pu dealer en final avec la Française des Jeux. Je me souviens de l’avoir rencontré dans les années 2010, avec son ami, le très sérieux Jean- Guillaume d’Ornano (fils de l‘ancien ministre de l’industrie du président Valery Giscard d‘Estaing, et actuel propriétaire de l’hebdomadaire Option Finance), nous racontant comment, tel un cheval fou., il avait été obligé de s‘exiler sur l’île de Malte, après avoir créé son affaire en 2004, simplement pour échapper aux foudres de l‘administration française, probablement pas mal aiguillonnée à l’époque par les dirigeants du monopolistique PMU, qui ne voyaient pas d‘un très bon œil l’arrivée d‘un frondeur numérique sur leur marché jusque-là si bien protégé.

L‘ouverture des paris sportifs sur internet avait ouvert une nouvelle ère que Rohan Chabot enfourcha avec succès avec la création de son autre marque ombrelle ZEbet (sponsor de l‘AS Saint- Étienne). La situation de distributeur exclusif sur les paris de chevaux ne rendait pas facile l’arrivée du trouble-fête du tiercé sur internet. En fondant avec courage ZEturf, cet héritier d‘une grande tradition princière, démontrait aussi qu‘on pouvait se prévaloir d‘un riche passé et rester animé d‘un esprit de conquête somme toute intact et propre à la famille semble-t-il puisque son frère cadet Fabrice a repris récemment le magazine branché Technikart, l’ancêtre de Society.

Il en a enduré notre ami, me racontant comment on avait cherché à l’intimider au téléphone ou même à le faire suivre  dans les rues de La Valette le soir. Authentique ! Il ne s‘est pas démonté, celui qui jeune, après l’université de Dauphine, s’était mis en tête de vouloir faire de la politique. Et aujourd’hui que les paris en tous genre se sont démocratisés sur internet, il peut confier sa machine de guerre en de bonnes mains.

Avec ZEturf (plus de 800 millions d’euros de mise annuelles dont la moitié pour les courses en ligne), la Française des Jeux remporte la mise face à d‘autres groupes également intéressés tels Betclic ou Unibet. Un rachat qui va permettre à la FDJ d’accélérer sa mutation vers le digital et surtout de rivaliser un peu plus avec le PMU. Même si, rappelons- le, celui dispose toujours du monopole en matière de distribution physique.

Une bataille, celle du tiercé et des paris hippiques, qui ne fait que commencer et où la France dispose de deux groupes compétitifs aptes à conquérir l’international. ZEturf est déjà présent en Europe sur les marchés espagnols, belges et néerlandais. Il ne serait pas étonnant qu’après ZeTurf, madame Stéphane Pallez, énarque de 63 ans, la présidente de la FDJ, cherche aussi à acquérir un opérateur dans le poker en ligne.

La longue marche ne fait que commencer pour le groupe FDJ, privatisé en 2019, et récemment introduit sur Euronext Paris avec le succès que l’on sait. Faites vos paris.

Robert Lafont

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