Avant de réussir, Dominique Soulard, le patron des meubles Gautier avait été viré

Il n’y a pas de fatalité en économie. Et les fonds peuvent commettre aussi de graves contresens. Au moment où nous apprenons la disparition de son emblématique dirigeant, à 75 ans, il n’est pas inutile de revenir sur le parcours hors-normes du fabricant de meubles vendéens.

Un cas unique ! Avant d’en faire le succès que l’on connaît, Le patron des meubles Gautier avait été licencié par l’actionnaire, le grouoe Seribo lorqu’il avait pris le contrôle, en 1999, du fabricant vendéen de meubles. Une décision inappropriée qui avait scandalisé à l’époque l’ensemble des collaborateurs de l’ETI vendéenne. Ceux-ci s’étaient même mobilisés pour exiger son retour à 52 ans. Mieux, Dominique Soulard, porté par tant de sollicitudes, avait pu reprendre le contrôle de l’entreprise à la faveur d’un LBO. Un fait d’armes qu’il est bon de rappeler au moment où nous quitte ce valeureux capitaine d’industrie. Un parcours exemplaire pour celui qui a fait passer la petite fabrique de meubles située dans le bocage vendéen au sud des Herbiers à un groupe international innovant. Un exemple à suivre et qui vient démentir les modestes prévisions de ceux qui nous annonçaient qu’on ne peut plus produire en France.

Qu’ils n’oublient pas l’importance de la qualité du marketing et du réseau de ventes. Un domaine précisément où Gautier (130 millions de chiffre d’affaires, 860 collaborateurs) est passé maître. Le client doit rester au centre des préoccupations de tous les dirigeants. L’enseigne ouvre plus de 10 magasins par an, et s’approvisionne ses trois usines vendéennes en bois français exclusivement. Priorité est donnée à l’innovation et au commercial, comme le fait actuellement un Luca de Meo à la tête de Renault- Nissan  avec le succès que l’on sait.

Le fils de président du fabricant mondial meubles Gautier se rappelle aujourd’hui que : »beaucoup de clients internationaux venaient dîner régulièrement à là maison « . Un signe qui ne trompe pas.
Quand aux fonds, qu’ils n’oublient pas que ce n’est pas l’argent qui donne du talent mais plutôt l’inverse. Ils auraient dû y regarder à deux fois avant de se séparer de Dominique Soulard.

Une erreur qui me fait penser au cas actuel de mon ami Loic Pochet, valeureux entrepreneur à Sete (34), qui a tout quitté pour lancer Calamalo Aviation et son innovant hydravion en carbone Morgann.

Et qui a un mal fou, parce qu’il ne dispose pas des appuis ou réseaux ( le lobby de l’aviation ?) à réunir les financements pour sa jeune société alors que le marché est très porteur au plan mondial. Son projet de nouvelle usine clés en mains en Occitanie, avec 100 recrutements à la clé, est dans les cartons et n’attend que l’appui d’un financier. Ce pourrait être Bruno Bonnell, le patron de France Relance avec ses 54 milliards d’euros à investir sur les projets d’avenir. Cela aurait du sens.

Robert Lafont

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