Arnaud Montebourg


Alstom, chômage, relance ou sidérurgie : ses accusations visent l’état profond !

Lui au moins n‘a-t-il pas démissionné de son ministère du Redressement productif en 2014 pour n‘importe quoi. Le regard qu’il porte aujourd’hui rétrospectivement sur cette période et sur notre haute administration et son incapacité à agir dans la bonne direction, celle de l‘ intérêt national a de quoi inquiéter.
Dans le JDD, Arnaud Montebourg apparait sans pitié pour notre haute fonction publique : « J’ai vu de près le cercle visible – et invincible- que composent nos dirigeants de l‘État profond. La technostructure, la haute administration, vos chefs comme vos subalternes, tous sont issus des grands corps d‘État. Hollande en était, la moitié du gouvernement aussi. Cette homogénéité fonctionne comme une machine à abandonner les gens. En démocratie, la multitude est censée exercer le pouvoir à travers ses représentants. Mais si un petit cercle secret tient le pays, comment les Français peuvent-ils être entendus… S‘il fallait faire un plan social utile, ce devrait être au sommet de l‘État. C‘est là que réside le problème. »

Difficile d’être plus limpide. Un constat d‘autant plus cruel que notre homme, à 58 ans, l’ à côtoyée cette haute administration de près et sur de nombreux dossiers.
Montebourg est sans équivoque à l’encontre de François Hollande, « un Président au triste bilan de 700 000 chômeurs de plus entre 2012 et 2016 et qui a laissé détruire nos fleurons industriels : les hauts-fourneaux de Florange, Alstom et beaucoup d‘autres…»
Sur le rachat d‘Alstom à l’américain GE, l‘ancien ministre a du mal à passer l’éponge et il se veut encore plus accusateur : « Patrick Kron, le PDG a caché au gouvernement ses tractations avec les Américains alors que ceux-ci détenaient – grâce à la NSA -un million de courriels impliquant Alstom dans des faits de corruption…Autrement dit, un service secret a contribué à déstabiliser une entreprise française pour en favoriser le rachat par un conglomérat américain…Par lâcheté ou désinvolture, nous avons laissé cette prédation se commettre ! »
Si après de telles accusations aussi précises, il y en a qui arrivent encore à se persuader que notre haute administration est toujours arcboutée  à défendre nos intérêts, c‘est qu‘ils ne savent pas bien lire.

Dans le même registre, on ne peut qu’être surpris de voir avec quelle légèreté les autorités actuelles se conduisent en ce moment sur le dossier Photonis, spécialiste tricolore de l‘optronique militaire, une pépite industrielle jugée stratégique qui devait être conservée dans le giron national et qui finalement finira bien dans les mains du groupe américain Teledyne ! De même quand on voit le peu d’empressement de groupes comme EDF (au contraire de la Caisse des Dépôts et de Bpifrance), où l‘État a pourtant largement la main, à vouloir soutenir le plan audacieux de Frédéric Pierucci et le fonds Sénevé Capital dans son projet de reprise de l’activité turbines nucléaires de GE, un segment hautement sensible pour l’indépendance de nos activités nucléaires, on ne peut que se demander sur si le ver n’est pas déjà dans le fruit de nombreuses décisions d’État !

Là encore, les faits semblent donner raison à Arnaud Montebourg qui a bien raison d’appeler son dernier livre « L‘engagement », paru chez Grasset. Car jamais, il n‘a semblé aussi utile que de s‘engager pour défendre dans notre pays ce qui peut l’être encore…
En attendant de pouvoir rejouer sans doute un jour un rôle politique d‘envergure qui sied à son ambition pour le pays, l‘ancien ministre continue de développer sur le terrain une myriade de PME agroalimentaires made in France (Miel Bleu Blanc Ruche, la Compagnie des Amandiers ou les glaces La Mémère).

Robert Lafont

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