Allons-nous être vaincus par les chiffres et les statistiques ?

La numérisation accélérée du monde et le recours permanent aux chiffres et statistiques vont-ils nous faire perdre notre part d’humanité ?

Des dangers d’un monde où la statistique et où le chiffre prendraient le pas sur la nature ou la vie. J’en parlais récemment avec le journaliste sportif Philippe Doucet, qui à Canal Plus a porté avec Charles Biétry et sa fameuse « palette » (vidéo) ce besoin d’un minimum de références et de données. Doucet qui collabore aussi avec l’économiste du sport, Vincent Chaudel, fondateur de l’Observatoire du Sport Business, de déplorer lui même cette tendance permanente des médias de recourir à toujours plus de chiffres pour étayer les commentaires.

Des chiffres qui finissent par reléguer au second plan le caractère émotionnel ou lyrique si bien porté par un Thierry Roland, un Eugène Saccomano voire même encore un Jacques Vendroux. Ce dernier, que nous sommes fiers d’avoir comme éditorialiste régulier au sein du mensuel Le Foot (Le Quotidien du Sport) va d’ailleurs bientôt renouer avec son multiplex de légende sur les antennes d’Europe 1. Et c’est une bonne chose.

Ce culte du chiffre et de la stat est-il en train de nous faire perdre la spontanéité et l’élan de vie si propre au sport. Mais c’est vrai aussi pour toutes les organisations avec le recours abusif et intempestif aux tableaux Excel. Un vrai risque que relève aussi l’excellent Sylvain Tesson, dans une tribune au Point.

Pour Tesson, nous rentrons bien dans : « Le règne de la quantité avec la statistisation de toute chose où tout doit être comptabilisé dans un monde numérique. La valeur devient le volume. La vie ne vaut plus par son essence mais par sa durée. La flânerie ne vaut plus par l’impression qu’on en retire mais par le nombre de pas. L’œuvre ne vaut plus par son propos mais par le nombre de « vues »… Quand on aime, on ne compte pas », dit le proverbe. Le cyberworld ne peut rien aimer, puisqu’il compte tout. »

À méditer et sans avoir besoin de statistiques.

Robert Lafont

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